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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 06:47

  «J'ai commencé à explorer systématiquement les vestiges des camps à la fin des années 1980, après avoir trouvé, au cours de mes recherches dans les archives locales , la copie d'une carte de la Kolyma de la fin des années 1930, estampillée "secrète". Elle n'était pas aussi imposante que celle que vous avez vue sans doute dans un musée de Magadan, exécutée en quelques exemplaires seulement, dont l'un fut offert à Staline, en 1952, à l'occasion du vingtième anniversaire de la création du Dalstroi! Mais elle m'a aidé à m'orienter; j'ai recoupé les témoignanges que j'avais recuellis et peu à peu, je suis parvenu à localiser plus précisément un certain nombre de camps, en commençant par ceux qui étaient les moins éloignés de Iagodnoïé.»

                            Ivan Panikarov (cité page 93)

 

«Pour nous qui interrogeons la postérité de l'espace concentrationnaire soviétique après la disparition des témoins et des sites, des institutions et de la structure étatique qui les a crées, le paysage représente tout à la fois une modalité concrète, visible et indéniable du réel des camps, le support ineffaçable du "cela fut", et un vide mémoriel tout aussi patent, car de ce qui fut, les paysages ne portent aucune trace (...)Le propre de la nature est qu'elle reste indifférente à l'égard des hommes. Dans son extériorité  radicale, elle porte en elle le "rien" de l'homme, le renvoie à son destin

                             Luba Jorgenson

 

 


        Quand il se rendit en 2011 à Magadan et sa région, Nicolas Werth, spécialiste de l’ex-URSS et de la terreur stalinienne connaissait très bien les archives du Goulag mais c'était la première fois qu'il découvrait la région de la Kolyma, cette "région-camp" comme il la nomme justement. Sous forme de journal, il nous restitue son voyage effectué du 13 août au 3 septembre.
 

  Lire la route de la Kolyma c’est faire avec son auteur un grand nombre de voyages. Des parcours dans des espaces inconnus, parfois beaux, dans des temps différents:le présent (l'état des lieux, l'absence de politique mémorielle de la Russie actuelle pour ces lieux de répression et d'exécution, l'ignorance)), le passé (des archives, des témoignages, des mémoires), et, plus largement, dans l'Histoire, toujours en train de s'écrire, de se réécrire. Ouvrir la route de la Kolyma c'est s'engager dans un grand livre sur les traces et leur (difficile) sauvegarde.

 

 

   Nicolas Werth est parti en compagnie d’Irina Flige, de sa fille Elsa et d’Oleg Nikolaiev (anthropologue, spécialiste des cultures paysannes traditionnelles de Sibérie occidentale qui remplaça au dernier moment Alexandre Daniel souffrant), des membres de l’association MEMORIAL dont le but depuis trente ans est de «sauvegarder la mémoire du Goulag et des répressions staliniennes» et de  créer un Musée virtuel du Goulag sur internet dans un pays qui souhaite les oublier et face aux orthodoxes qui s’en servent pour leur propagande. Il rappelle d’emblée à la fois ce qu’est aujourd’hui ce déplacement vers Magadan (8000 km en Boeing 737, pour une bonne partie) et ce qu’il était pour les déportés qui mettaient trois à quatre mois pour y arriver dans des conditions abominables.

 

 

Le point de départ (et d’arrivée) : Magadan.

 

    Ce  bref séjour dans la ville construite par les détenus  fixe bien les enjeux de ce qui nous lirons dans la suite du livre et les strates observées qui nous attendent avec le postulat selon lequel les dates importent avant tout pour situer une remarque ou une évocation:circulant dans plusieurs temps à la fois, à Magadan comme ailleurs, N. Werth parle du présent de la ville (son apparence, son architecture (l’immense cathédrale a pris la place d’un bâtiment du... Parti),  sa sociologie (ville haute / ville basse, la présence chinoise (le quartier Shangaï), la baraque Hot-Dog Pizza dont les serveuses n’ont jamais entendu parler du Goulag (qu’elles prennent pour un groupe de rock)) mais devant la baie de Nagaiev (comme souvent plus tard), il est partagé entre le poids de l’horreur qu’il a en mémoire et la beauté du paysage), il pense aux débarquements réguliers des condamnés depuis les années 30 et se remémore une scène qui se trouve dans un livre de E. Guinzbourg, le Ciel de la Kolyma. La quête des traces du passé commence avec leur visite du (médiocre) musée de Magadan:elle est contrariée par le grand responsable local mais est heureusement sauvée par la rencontre d’un érudit qui y travaille et que N. Werth a lu naguère avec intérêt : c’est l’occasion de rappeler précisément les grands dates de la construction et de l’expansion de la Kolyma et l’histoire complexe du chef du Dalstroi, Berzine qui sera lui-même exécuté. Enfin à Magadan, comme partout ensuite, ce sont des entretiens avec des témoins (Miron Markovitch (beau vieillard qui fait penser à Rembrandt, ancien médecin qui met en cause la quête des traces «parce que le Goulag est dans nos gênes» mais qui, de fait, souligne l'importance des récits) et Vassili Ivanovitch Kovalev (fils de koulaks dont la vie (qui semble en contenir plusieurs) est à peine croyable tant sont nombreux les rebondissements dans la persécution) que nous lisons avec émotion et effarement.

 

Les étapes


   Chaque jour, pour chaque étape, Nicolas Werth évoque ce que sont les villes qui étaient la destination du quatuor de pélerins de la Mémoire (parce qu’elles avaient toutes une fonction dans le système de la Kolyma) et les difficultés rencontrées sur chaque parcours (pistes défoncées, routes peu praticables voire coupées, véhicules peu disponibles parfois). Ils devront même renoncer à Kanion:la saison est trop avancée, c’est déjà l’automne fin août. Il raconte aussi dans quelles conditions (souvent horribles pour les hommes) les zones ont été construites. Il situe et décrit (sobrement mais parfaitement) pour l’essentiel chaque ville ou chaque camp dans son environnement, dans sa finalité et précise son évolution dans l’Histoire:par exemple Elguen, le camp des femmes, véritable camp-sovkhoze qui alimentait «l’ensemble de la Kolyma centrale»:«En 1949, l'administration du Goulag recensa pas moins de 5003 000 femmes soit près de 25 % de l'ensemble des détenus, dont 9300 étaient enceintes au moment du comptage et 23790 avaient des enfants en bas âge sur leur lieu de détention.»; ou, non loin de Khatynnakh (abandonnée), la Serpantinka «le plus important lieu d’exécution de masse de la Kolyma », espèce d'abattoir rural (selon un témoin qui en réchappa) où l'on acheminait «les condamnés à mort de tous les camps de la région»(entre six et dix mille selon l'estimation la plus vraisemblable), condamnés pour des raisons arbitraires qui trouvaient toujours des justifications dans un vocabulaire irréfutable...; ou encore, ce qu’il reste de Debin (fondée en 1935) qui joua un grand rôle organisationnel dans la Kolyma et qui se distingue encore par un hôpital où N. Werth et ses amis vont coucher. Chalamov exerça ici trois ans:ils découvrent l'hétéroclite chambre-musée  et... sa vraie chambre «un petit cagibi, sans fenêtre, de quatre mètres carrés

 


Témoignages

 

    Grand connaisseur des archives, N. Werth livre ici de nombreux témoignages recueillis lors de son périple. Ils sont riches et variés:pour tous, il s’applique à bien situer qui parle, quelles sont ses origines, sa génération, sa situation alors dans la société et sa situation actuelle dans la région (l'après-Goulag est tout aussi digne d'intérêt). Ainsi Galina rencontrée à Debin est d'abord orpheline comme des millions de Soviétiques et elle est victime d'un moment particulièrement répressif alors qu'elle n'avait que volé de l'amidon pour faire et manger des galettes. Son sort («qui ne provoque ni rancœur, ni révolte, ni sentiment d'injustice») est représentatif de «cettej’ose l’expression “majorité silencieuse “ formées par ces “citoyens ordinaires”, ni politiques”, ni droits-communs” dans le sens courant de ce terme, condamnés à de lourdes peines de camp à la suite de la criminalisation du moindre délit commis, le plus souvent en situation de détresse.»

 

  On peut lire aussi le récit de Vassilii Ivanovitch Kovalev (né en 1930) dont les péripéties stupéfient: vagabondages, arrestations à répétitions, pendaison (par les Allemands) interrompue par «miracle», travail sous fausse identité, camp du Gorlag où il est actif dans la grande grève des détenus (en 1953)!!, transfert de Magadan vers des mines d’or à 500 km, évasion, arrestation pour 25 ans de peine au cours desquels il rédige une Lettre ouverte à l’Organisation des Nations unies!!! (dont on le soupçonne d’être seulement le prête-nom…), cachot (quatre mois dans une cave où les morts étaient nombreux)... Il est libéré en août 1956.       

    Rien à voir avec Ivan né en 1955 qui arriva à Magadan sans rien savoir de ce qui s’y était passé. Ayant fait la connaissance d’un témoin (de témoin-à ce niveau les relais sont capitaux), il décide de se faire diffuseur de témoignages et de créer le premier musée privé pour lequel il se démène encore sans compter. Autre cas encore très différent:l’infirmière de Debin, née en 1970, fille et petite-fille de zeks qui n’étaient pas des politiques mais des oukazniki (condamnés pour vols) et qui, reléguée dans cette ville avec peu de moyens, se vit comme prisonnière de cet espace et de cette histoire.
   Le récit de Granit Timofeievitch Timochine retient l’attention pour d’autres raisons:ingénieur, il a construit parfois dans l’urgence et l’impovisation de nombreux camps; il permet à N. Werth de réfléchir à ce que Primo Levi appelait la zone grise. On voit bien que ce témoin ne regrette rien de ses actions…. Ailleurs, on comprend assez l’agacement de l'auteur lors de sa rencontre avec Naiman «le grand spécialiste de la région de Debin». Descendant de lointains colons allemands, il a étudié la géologie et, en 1996, il a eu comme une illumination: sa mission serait dès lors de donner une sépulture aux morts du Goulag. Découvrant des lieux totalement oubliés (aidant ainsi Irina et ses amis), il multiplie partout les croix et défend un point de vue nationaliste, antisémite, complotiste,eschatologique, qui insupporte notre auteur.

 

 Le lecteur en connaîtra bien d'autres:on retient encore l'entretien avec son amie Irina Flige qui appartient depuis 1989 à la branche pétersbougeoise de MEMORIAL et qui est un peu le guide infatigable de ce voyage. On découvre son audace, son courage (dès sa jeunesse), son immense travail consacré aux îles Solovki et ses disparus ainsi que son apport décisif sur les premiers massacres de masse correspondant bien aux ordres de Lénine.

 

 Par le hasard des rendez-vous, avant de quitter Magada, les deux dernières rencontres lui font connaître des destins singuliers mais aussi emblématiques de tout un siècle. Antonina Kharitonovna (84 ans) naquit dans une région qui changea de pays  plusieurs fois et fut persécutée tour à tour par les occupants successifs. Pour finir, elle écopa sans raison de dix ans de travaux forcés. Plus symbolique fut le sort de Evguenia Petrovna Goloubentseva qui élevée dans un orphelinat de Nikolaiev fut déportée à Ravensbrück par les Allemands et, qui de retour chez elle, fut arrêtée et envoyée à la Kolyma....:«J'ai repensé à un autre itinéraire, en sens inverse, du Goulag à Ravensbrück, celui de Margarete Buber-Neumann.»

 

  Enfin la mémoire de Werth nous renvoie à des “documents” d’une autre nature. Par exemple, le livre d’entretiens que lui offre Miron Markovitch confirme la difficulté d’adaptation des détenus enfin libérés. Tout à l’opposé, pour faire comprendre de l’intérieur, la «belle vie» de la nomenklatura, il cite également un extrait d’entretiens (tardifs) de la “Reine de la Kolyma”, la femme de Berzine, qui raconte, de façon très orientée, les premières constructions dans et autour de Magadan (la centrale électrique, la première école, le premier pont sur la Kolyma, les routes menant aux gisements) autant de «succès» de son mari.  Sans oublier l’arrivée de la Rolls qui avait servi à la veuve de Lénine et qui fit tellement plaisir à ce chef zélé qui tomba à son tour…. Vraiment une belle époque avec une mondanité absolument pas déplacée...et de la musique pour remonter le moral de tous….

   À chaque étape importante on peut lire un ou deux récits publiés parfaitement adéquats à l'instant et au propos général:sur la Serpantina, quelques lignes d'Ilina Taratine suffisent comme nous éclairent exactement quelques phrases d'un survivant des camps spéciaux de la Kolyma.

 Nous lisons aussi quelques allusions à Soljenitsine (entre autres, sa juste intuition de la mobilité des camps),  une citation de Gustav Herling, des extraits de Evguenia Guinzbourg et, évidemment, de grandes pages de Varlam Chalamov, ce qui permet à Werth, à un moment donné, de se situer dans le débat qui existe sur la vérité fondamentale du Goulag:Soljenitsine n’en percevant pas la radicale négation de tout. Contrairement à Chalamov.

 Le cheminement des témoignages dans l'avenir est imprévisible, pour le pire comme pour le meilleur. Mais qui aurait pu imaginer qu'un homme (notre auteur) lirait un jour des pages de Chalamov à un chauffeur de camion iakoute?

 

 

«Tout ceci»


   Ce qui unit ces voyageurs-«explorateurs» ainsi que nombre de leurs interlocuteurs (qui n’appartiennent pas forcément au groupe MEMORIAL, il s'en faut) c’est la recherche de traces qu’il faut sauver coûte que coûte. La quête est difficile pour tous parce que beaucoup de choses ont été volées ou recyclées et parce qu’ils ont affaire à du caché, à de l’effacé par destruction volontaire, à de l’abandonné à une nature qui reprend vite ses droits. Certains sites comme le plus monstrueux, Boutougytchag (producteur d’uranium) ou la Fabrika Tchapaieva ( “le vestige goulaguien” qui lui semble « le plus complet, le mieux préservé, le plus “parlant” qui [lui a été] donné de voir durant ce voyage» demeurent largement visibles et identifiables - sans que toutes les questions aient trouvé des réponses. Mais le plus souvent il n’y a presque plus rien (1) ou très peu et il faut alors un oeil exercé comme dans cette forêt où seul Vladimir Avgustovitch Naiman est capable de distinguer des signes de construtions. Ainsi à la Serpentina, «principal lieu d’exécution de la Kolyma», «il ne subsiste plus aujourd’hui la moindre trace de la prison qui avait été édifiée dans ce lieu isolé où l’on amenait les condamnés à mort de tous les camps de la région.» Sans l'apport de tous ces chercheurs, ceux qui voudraient voir, éprouver, savoir aujourd’hui et demain (quand tous les survivants auront disparu) quelques pans de la Kolyma seraient réduits à faire ce geste qui frappa tellement N. Werth: « "Tout ceci  était le territoire du camp, un immense camp-à certaines périodes, il y avait jusqu’à dix-quinze mille personnes ici, qui attendaient d’être transférées plus loin, jusqu’à leur “point d’affectation", selon la formule consacrée", nous dit Vera Illitchna, en faisant un geste expressif des deux mains. Un geste englobant que je retrouverai chez tous ceux qui, au cours de ce voyage, voudront me faire imaginer l'espace du camp. Tout ceci. Une totalité invisible, indicible, dont les traces sont partout et nulle part en même temps.»

   En même temps que des photos prises en différentes époques (et qu’il faut parfois, pour les plus anciennes, regarder de façon critique), ce qui frappe le plus ce sont les objets accumulés et exposés. Objets intimes, vêtements, objets de travail (pics, pioches, pelles, brouette dont parla Chalamov) et du quotidien carcéral  (châlit, «cuillers, gobelets, assiettes en alu, matricules, bout de fil de fer barbelé» et même des œuvres picturales d’un nommé Kovalev ou une urne dans laquelle les détenus pouvaient remettre le texte de leurs doléances), des armes, des papiers ayant appartenu à des anonymes ou à Chalamov par exemple (Werth parle de bric-à-brac assez pauvre en évoquant la chambre-musée qui lui est consacrée à Debin). Tout compte dans cette recherche qui implique tellement de valeurs et qui se heurte toujours à la question:«où reposent-ils ces milliers de fusillés ?» Ivan et un texte saisissant de Chalamov (Prêt-bail) y répondent à leurs façons.

 À ces traces sauvées, souvent muséifiées (Irina Flige propose une typologie des musées goulaguiens), il faut ajouter celles qui sont des traces instituées, des symboles ajoutés pour entretenir le souvenir de tous ces exploités ou disparus. Les croix sont les plus nombreuses mais elles ne correspondent pas toujours à l’entreprise de réappropriation du passé par la foi orthodoxe. On pense au fameux Masque de l’Affliction (décrit et photographié par l’auteur) et, à la Serpantina avec « une grande pierre de granit gris, une croix et, au sol, une plaque de marbre noir:”en ce lieu s’élevait, dans les années 1930, la prison appelés la Serpentina; des milliers de citoyens réprimés ont été exécutés ici et leurs restes disperdsés dans cette vallée."» Le témoignage d’Ivan sur l’édification et l’inauguration de ce monument (comme pour d’autres) permet à lui seul une réflexion sur les rapports de force qui existent dans la Russie actuelle entre les pélerins de la mémoire. Difficile aussi d'oublier Pavel dont Irina diffuse l'enregistrement d'un entretien:à Seimtchan, il s'est battu pour mettre une belle pierre avec une plaque à l'endroit où, en creusant un terrain lui et ses compagnons sont tombés sur un «immense cimetière de zeks» recouvert par la route. Il a le sentiment que personne ne s'arrête et ne fleurit son monument mais il est fier de son geste. Plus loin, on apprendra que la plaque de Pavel a été arrachée....

 

  Dans cet univers, plus qu'ailleurs, on est saisi par l'importance des dates et des anniversaires et on mesure l'ampleur des problèmes d'une transmission qui inclut en elle-même la possibilité de l'intransmissible.

 

 

 

  N.Worth conclut ainsi son livre:«J'ai rencontré ici des hommes et des femmes remarquables, qui tentent dans l'indifférence, l'apathie et l'ignorance générales, de lutter contre l'oubli, de sauvegarder, chacun à sa manière, la mémoire de ce qui s'est passé en ces lieux.

 

 C'est à la noblesse de cette humble obstination que j'ai souhaité, avant tout, rendre hommage.»

 

 Sans emphase, sans jamais prétendre rejoindre ce que seuls Chalamov et quelques autres ont pu dire, tout en écoute, tout en regard (des descriptions sobres pour un délabrement général et une couleur dominante (la rouille)), il a parfaitement réussi à restituer, en même temps, ce que disent les archives sur cette “civilisation goulaguienne”, cette machine à produire (le Goulag représentait 10% du PIB soviétique…) et à éliminer, ce que confient les derniers survivants et à montrer l'action de ces admirables chercheurs de traces contre l’extension (active ou passive) des domaines de l’oubli.

 

 

Rossini, le 19 août 2015

 

NOTE

(1) Ainsi lit-on, à la page 156:« Des innombrables camps qui s'étiraient le long de cette route, il ne reste rien, ou presque - de rares baraquements et fabriques en ruine, des toponymes connus des seuls spécialistes du Goulag, indiqués par des panneaux rouillés le long de la route, Radoujnyi, Srednikan, Annouchka, Stanovaia,  Gueologitcheskii, Oust-Srednikan, Verkhnii Seimtchan. Pas âme qui vive le long des deux cents kilomètres qui séparent le relais du 386è kilomètre de Seimtchan

 

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Published by calmeblog - dans journal d'historien
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