Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 05:44

 

 

 

 

«Peu importe : toute peinture digne de ce nom dépasse la peinture, et ne nous atteint que dans cette mesure-là, par une résonance où les échos que je perçois ici peuvent bien prendre place.» Ph. Jaccottet (LE BOL DU PÈLERIN, page 54)

 



            Si on l’a un peu lu, on sait que, pour Jaccottet, il peut y avoir  une émotion du verger, de la prairie, de la cime qu’il chercha à rendre “laborieusement” dit-il, «avec des mots pour s’y retrouver».(1) Une émotion de l'air, du souffle.




  Mais on apprend dans LE BOL DU PÈLERIN (Morandi) qu’il y a aussi, voisine, l’émotion qu’instaurent les tableaux de Morandi, «cette œuvre aussi mystérieuse que l’herbe».


 

  Ce beau livre n’est ni une thèse, ni un article de catalogue ou de présentation:aucune date, aucune chronologie-l’exhaustif n'a rien à dire que la mort. À peine quelques mots sur la vie dite «monacale» (il explique admirablement ce qu'il faut en penser) et quelques modestes propositions sur les moyens du peintre. Une méditation (parfois sous forme de prosopopée) sur le fait de tourner le dos au monde, de choisir la solitude, de renoncer à la vie telle qu’on l’entend communément en ayant conscience du chaos tout autour, en assumant le silence (qui est aussi une menace) et en évitant le vide.

 Simplement, une marche qui accompagne comme elle peut quelques-uns des pas de Morandi, ceux-ci toujours plus tournés vers le dépouillement. Une marche qui permet aussi une nouvelle traversée du monde jaccottien.


On appréciera que Jaccottet emprunte cette figure traditionnelle, répétée, usée du pèlerin à propos du peintre de l'apparente répétition.


 

ÉNIGME  

 

  Jaccottet souhaite comprendre comment et pourquoi naît cette émotion avec des objets souvent identiques peints en des tableaux apparemment très proches. Comprendre donc l’énigme Morandi et, d’un même geste, comprendre pourquoi on ne peut que le tenir pour un peintre majeur.

 

   «Car énigme il y a. Qui me requiert à proportion qu'elle me résiste, comme celle des fleurs du cognassier ou celle de l'herbe des prairies.»

 
«-Mais Jaccottet ne s’était-il pas promis “de ne pas écrire à propos d’art"?
-Justement. C’est cet écart reconnu qui doit nous pousser à le suivre dans son pèlerinage, à mettre nos pas dans les siens. En nous interdisant d'attendre du Valéry “qui parle trop bien ”.»


 Un cheminement modeste (profondément personnel:«Je n'ignore pas que je cède ici à une rêverie qui n'a peut-être pas occupé l'esprit de Giorgio Morandi(...).») en direction de l’énigme profonde et simple:pourquoi s’attarder sur quelques “bouteilles,vases; boîtes et bols sempiternels” quand tout autour, hier, maintenant, demain “le monde semble si près de s’écrouler, ou d’exploser!”?

 

 
 Un cheminement dans le désert où, après une 
rose des sables, un certain puits et quelques stèles se dessineront. Une avancée parmi de grands textes (Dante, Pascal, Leopardi), de grandes peintures (la Madone de Senigallia, Vermeer, Rothko), et même quelques philosophes. Sans rien de pesant ni de pédant.


Quelque chose entre l’approche et l’accès.

 

 

 

DIRE

 

 

 

  Quelques étapes nous attendent. Avec des rapprochements, des voisinages, des incompatibilités, des rejets. Étapes dans le paysage de Morandi, étapes qui sont autant d’aperçus de l’art de Jaccottet qui s’accorde mal au thétique, au définitionnel si bien que nous rencontrons souvent des expressions comme "faute de mieux" , "à défaut". Nous suivons aussi ses parenthèses («Morandi le premier eût récusé tout cela. N'empêche: je ne peux pas le rayer de mon esprit: ce n'y est pas venu tout à fait sans raison.»)(2), ses modalisateurs, ses guillemets («“noblesse”, “élégance”, “altitude”: je n’en peux mais»); ses tâtonnements, ses hésitations, ses repentirs, ses auto-critiques (ainsi, vers la fin:«je me retrouve aussi loin de compte, après toutes ces remarques, que lorsque, ayant achevé d’écrire à propos d’un pré,je revois le vrai pré;tellement plus simple que tout ce que j’ai pu dire, et plus secret»!).

 


Mais il y a un MAIS:«(…) comme quand ayant fait nombre de détours pour tenter de cerner l’énigme d’une prairie, d’un arbre, d’un verger, et revenant à ceux-ci, je me suis dit que j’étais très loin du compte; ici encore, il faut me corriger, me reprendre:ces quelques roses dans un vase blanc, sur ce fond partagé entre deux gris-qui sont peut-être dans l’original deux ocres-, l’un plus clair, l’autre plus foncé, comme c’est plus simple et plus ferme que tout ce que j’ai noté là (...)! Il y a de quoi désespérer le commentaire mais "pour la plus grande gloire” de l'œuvre.…»    

 

 


  En effet, il ne s’agit jamais de tomber dans la théologie négative, mais de tenter d'«aborder Morandi par diverses voies, aussi naïvement que possible. (Faute de mieux)»  et de proposer des mots «passeurs» comme «patience», «concentration», «presque», «consolation» dont la résonance est lente et longue. Le lecteur familier de Jaccottet retrouvera  aussi l'air, la lumière, le monument. Et dans leur indéfinition anonyme, «chose, quelque chose».

 

 

 

Prenons donc son pas avec, comme horizon, le simple. Tôt dans sa quête, Jaccottet pense que tel passage des ÉLÉGIES DE DUINO

 

           Peut-être sommes-nous ici pour dire:maison

           pont, fontaine, portail, cruche, verger, fenêtre-

           au mieux:colonne, tour...mais dire, comprends-moi,

           comme les choses même jamais n'ont cru être

           intimement

 

 

 

  pourrait correspondre à Morandi et nous aider à accueillir sa peinture. Non, c’est Bonnard qui s’en approche le mieux. Comme d'autres, il nous offre alors un judicieux détour par Giacometti en ayant conscience des grandes différences parfaitement éclairées. S'imposent encore quelques remarques sur les deux grandes lectures de Morandi: Pascal, Leopardi. Le fond noir, la solitude, le silence. «On doit imaginer chez Morandi, avec la même conscience aiguë de la détresse humaine, de la possible ruine de tout, sous l’apparence prodigieusement calme de son œuvre, un même extrémisme (sans lequel il ne l’eût pas pas conduite aussi loin).»

 

 

 

 

MOMENTS DE L'ŒUVRE


   Il est temps alors pour Jaccottet de regarder les domaines proprement morandiens: les paysages, les bouquets, les natures mortes selon un ordre qui exprime sans doute autant une préférence que la vérité du cheminement pictural.

 

 

Les paysages de Morandi qu’il évoque (ceux de Grizzana) et met en regard avec «ceux des régions les plus perdues de la Drôme, entre Nyons et Serres: ici comme là, un monde à la fois doux et âpre, un monde farouche, comme a dû l'être aussi le peintre pour qui ce fut une espèce de patrie.»), les paysages peints, leur vide, leur tranquillité de «paysages aux lieux dormants», leur lumière «sourde, égale» («jamais scintillante ou éclatante»), voilée qui les rend «lointains, inaccessibles,; comme un espace que l'on n'habitera jamais vraiment», «une lumière comme intérieure aux choses(3), pareille aussi à un fil de laine qui tisserait ensemble toutes choses: maisons, arbres, chemins et ciel, pour une tapisserie à tendre aux murs d’une impossible “salle de la Paix suprême”. Une lumière à la fois intérieure et lointaine qui se confondrait avec une patience infinie.» Patience déjà, toujours là. Comme le tissage de la lumière et sa paix.

 

  Constatant que le secret des paysages se dérobe (mais ce mouvement en fait aussi le secret et l'apport), Jaccottet choisit d’évoquer les bouquets


  Comme à chaque pas(on l'a vu), il s’affronte à la difficulté de dire («je cherche mes mots»): il commence par éliminer le dissemblant (ni «le pétillement impressionniste», ni «l’exubérance flamande») et la symbolique facile (l’éphémère), l’impression fausse («rien de spectral», ou de «funéraire», encore moins de suave). Il propose ce qui est au cœur de ce petit volume et de sa poétique:il y a dans ces bouquets, du commencement, une «aube englobée, perpétuée en bourgeon»; où «l’adieu, étrangement, semble une aube.»(j'ai surmarqué)

 

 

  Tandis que s'annoncent discrètement les signes du désert, Jaccottet détache, en deux temps, une proposition (qui touche presque à la logique, au religieux, au philosophique-voilà de bien grands mots mais Jaccottet sait éviter les écueils du discours (la parole prisonnière)) qui nous prépare à la contemplation des natures mortes:
                   «Une espèce d’assomption, je ne puis dire moins, malgré que j’en aie, obtenue par le plus grand dépouillement possible, par le presque total renoncement à la parure.
                Ivoire et sable, et cendre. Peu avant que ne se lève le jour.»


   Un mouvement, un moment, un monument. Une levée dans l'immobilité. 

 

        L'énigme même.
 

  Nous voici donc devant les «natures mortes, qu’il faudrait une bonne fois décider de nommer, à l’allemande,”vies silencieuses”, correction valable pour celles de Morandi plus que pour celles d’aucun peintre(…)»: «l’énigme s’aggrave encore et, dans cette mesure même, s’approfondit l’étonnement

   Avec les «natures silencieuses», Jaccottet tient compte de l’évolution de Morandi vers toujours plus de concentration, d’économie. Il loue son attachement à des objets du quotidien. C’est qu’un jour, Morandi aura eu la révélation qu’était atteint «le puits qui est appelé dans l'Ancien Testament "le puits du Vivant qui voit"; et qu'il n'y eût plus de raison de faire au-delà le moindre pas.»(4) Morandi avait vu. Son pèlerinage était l'œuvre.

 

    La méditation de Jaccottet se fait alors plus ample. Rapidement, il confronte Morandi à toute une tradition philosophique (Platon, la question de l’essence-ce point est travaillé aussi dans le MORANDI d'Ishaghpour (chez Léo Scheer) que nous étudierons bientôt). Son vocabulaire converge vers le religieux (prière, consolation, bénédicitéSi excessif que cela paraisse, la pensée m'est venue des pèlerins d'Emmaüs: bien qu'il n'y ait ici ni pain, ni mains humaines, ni visage divin.» ); il croit même rencontrer «une bien étrange sorte de "conversation sacrée"»


Le résultat (nullement une fin) de ce cheminement est double:


    a)d’une part, ces objets insignifiants «prennent, sur fond de poussières, de cendre ou de sable, l’aspect et la dignité de monuments.» De monuments «à la fois nobles et pauvres, comme des pierres levées; dont le contour tremble un peu sans se perdre jamais dans le frêle ou le flou
    Sur ce point, Jaccottet nous offre une étrange parenthèse (aberrante, écrit-il, et encadrant une parenthèse intérieure) très personnelle, très profonde (et qui nous fait circuler entre les mots latins monere, monumentum, moniment, munimentum): le souvenir (nocturne) récent d’un souvenir plus ancien de séjour dans le désert marocain. Une forteresse («sorte de château fait de la même étoffe que les sables et que nos songes d’enfant, nourris de livres…») émergeant à peine, un matin, du sable, réelle mais proche du mirage et qui s’imposait à lui, quelque chose «qui avait dû  remonter [en lui]
du plus profond qui [le] reliait à presque tous les autres hommes depuis les commencements de leur histoire-et qu’il y avait de quoi être ébranlé, COMME EN UN RETOUR D’EXIL.» (je souligne)


  Voilà ce qui se joue dans son expérience des natures dites (à tort) mortes. Presque un retour d'exil. Quelque chose de réel mais proche du mirage. Quelque chose remontant du plus profond (sable, enfance, livres) et d'un temps commun à tous, d'un temps-lien.


Des monuments nullement funéraires et qui, en aucun cas, inspireraient la mélancolie.


  b) D’autre part, dans la lumière de Morandi, il y a plus que des monuments. Il y a du mouvement.


  L’assomption, tout à l’heure, vous vous souvenez. Voisin d’ascension, le mot fait retour. En feuilletant un catalogue d’aquarelles (1991) Jaccottet éprouve un double mouvement (5).


   Celui que connaît l’œuvre elle-même (par paliers, elle monte vers une cime (qui lui suggère un rapprochement avec Dante)) et celui qu'elle provoque en lui (elle le porte vers un mouvement d’acclamation, elle l' “exalte”).


  Jaccottet dégage l’enjeu du geste de Morandi. L’ascension lui rappelle la platonicienne montée vers l’Idée pure  dont il le distingue précisément (et qu'il reconnaît plutôt chez Mondrian).  Il propose simplement : «Ces espèces de monuments que j'ai vus dans les dernières nature mortes à l'huile deviennent ici quelque chose comme des stèles d'air.» Du solide aérisé; un envol pondéré. Un mouvement vers lequel sa poésie tendait depuis toujours.

 


 

  Certes, chez Morandi il y a de l'évanouissement (des formes) mais ce n'est jamais la mort qui triomphe. Rien de morbide, rien d'abstrait, rien d'absolu. Rien de coupé du monde. Des choses du monde «portées au juste point d’allègement pour que le voyageur puisse les garder avec lui pour franchir le pas? Choses devenues un viatique? Portées au seul degré de transfiguration qui leur soit, et nous soit accessible aujourd’hui?»(ce sont mes italiques)



  Mais, avec les bouquets, le bourgeon
nous avait averti ( une «aube englobée, perpétuée en bourgeon»; où «l’adieu, étrangement, semble une aube.»)  et il nous devance  encore (sur un autre plan (6)). Jaccottet a le souci d'éviter la fausse route:dans ce mouvement essentiel,«une sorte d'assomption des choses qui culminerait dans leur presque disparition.» (Italique et caractère gras me reviennent). Culmination qui n'est pas un arrachement, un adieu, une dissolution mais un suspens au bord de l'effacement.


  Répétons-le:il ne faut surtout pas chercher de la mélancolie, du spectral, du disparu, car le monumental demeure et, retrouvant Pascal, Jaccottet imagine un roi sans royaume (sans doute pas le Langlois de Giono) et sans divertissement «qui aurait fait dresser à des confins sans nom, à l’ultime bord du monde visible» ces stèles d’air qui «en s’effaçant PRESQUE, en disparaissant PRESQUE»(je souligne) ne font pas apparaître le vide, ne lui cèdent pas la place («sinon, nous ne pourrions les regarder qu'avec effroi»).


«Ce n’est pas devant le vide qu’elles reculeraient, vaincues ou trop dociles mais devant la lumière envahissante qui va les absorber
 
 
 Le chemin menait donc à un passage qui hante Jaccottet depuis ses premières œuvres :«Comme si le peintre avait très patiemment frayé un passage à la lumière la plus apaisante qu’aucun de nous ait jamais espéré entrevoir.» (je souligne avec l'italique et je surmarque en gras)(7)

 

 



     Le pèlerinage est apparemment fini. Mais avec Morandi, et avec Jaccottet, le simple ne s'ouvre que dans le recommencement. On ne peut qu'admirer la célébration intense de la concentration (il parle avec justesse de la célèbre photographie de Herbert List), de la pudeur, de la patience (8) qui ont permis à Morandi de révéler cette «lumière si souverainement calme et si insaisissable qu'on en croirait de nouveau imaginable pour nous autres une paix sans fin


 

 

    Humble comme toujours, Jaccottet croit devoir reconnaître les limites de son trajet. Mais prenant un peu de recul, malgré tout, il lui semble avoir dit (plus qu’ailleurs peut-être) ce qui importe:le nombre et le souffle sont indissociables; la voix compte plus que l’énoncé, la vie imparfaite plus que cette mort que le nihilisme impose partout (le chaos suffit à lui tout seul). La lumière d’un quasi mirage vaut mieux que le mirage du vrai.

 

 

 

 (Encore?

 

  Encore des fleurs, encore des pas et des phrases autour de fleurs, et qui plus est, toujours à peu près les mêmes pas, les mêmes phrases?

 

  Mais je n'y puis rien: parce que celles-ci étaient parmi les plus communes, les plus basses, poussant à ras de terre, leur secret me semblait plus indéchoffrable que les autres, plus précieux, plus nécessaire.

 

  Je recommence, parce que ça a recommencé: l'émerveillement, l'étonnement, la perplexité; la gratitude, aussi.)

 

                              P. Jaccottet - AU LISERON DES CHAMPS.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rossini, le 16 janvier 2015

 

 

 

 

 

 

NOTES


(1)Il parle dans LE BOL DU PÈLERIN de ses «détours pour tenter de cerner l'énigme d'une prairie, d'un arbre, d'un verger» Il ajoute: «et revenant à ceux-ci, je me suis dit que j'étais très loin du compte 

 

(2)Les parenthèses sont fréquentes:leur arrondi paraît symboliquement sous le titre (Morandi).

 

 

(3)En ces parages, nous sommes au cœur de la poétique Jaccottet : la lumière intérieure des choses apparaît dès ses premières œuvres.

 

(4)Puits «qui se révèle» (ou, selon les traductions et les commentaires) : «qui s’est fait voir» ; ou : «qui m’a vu»). Ce puits est dans la Genèse et chez Jean. Rarement Jaccottet aura, à partir de telle référence, croisé les infinis commentaires et la lumière de l'évidence.  

 

(5) Triple mouvement,  si l’on tient compte du rappel d’une phrase du «critique Cesare Brandi notant que, dans la peinture de Morandi, les choses semblent venir du fond du temps, et précisant: "Comme ce point au loin sur la mer qui devient peu à peu un vaisseau...»

 

(6)De la même façon, en changeant de plan : «ces derniers mots, prononcés sans bafouiller à la limite du murmure, le silence qu'ils semblent précéder de peu n'est pas du tout celui de la mort ou d'aucune fin: on dirait plutôt le foyer de toutes les paroles, ou leur bourgeon, prêt à une fois de plus s'épanouir.»(Je souligne)

 

 

 

(7)On nous permettra ce qui est probablement une fausse route. Ce BOL DU PÉLERIN semble indiquer un dialogue discret avec (au moins) un texte ancien (et tranchant comme un silex) d'Yves Bonnefoy (À L'HORIZON DE MORANDI, dans LE NUAGE ROUGE) sur lequel il reviendra (les cibles polémiques ayant changé) sans le dire dans son REMARQUES SUR LE REGARD

 

(8)«La patience qui signifie avoir vécu, avoir peiné, avoir "tenu": avec modestie, endurance, mais sans révolte, ni indifférence, ni désespoir; comme si, de cette patience, on attendait tout de même un enrichissement; à croire qu'elle permettrait de s'imprégner sourdement de la seule lumière qui compte.»(page 58)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by calmeblog - dans essai - art
commenter cet article

commentaires

Pierre Mendrac 31/01/2015 19:39

Lecture très intéressante de Jaccottet, vraiment superbe

calmeblog 01/02/2015 08:23

Merci pour ce jugement qui me touche.