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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 04:23

 


« (...) alors que le point de départ de toute cette belle histoire est une illumination sans précédent.» Nicolas de Staël

 

 

 

  

 

      On connaît les contraintes et l’exigence de la collection DÉCOUVERTES. Dans son Nicolas de Staël, Marie du Bouchet a relevé une gageure avec science, tact et talent.


   On ne peut que louer la qualité de l’illustration (son choix et  sa mise en page (jamais la mosaïque de DÉCOUVERTES n’aura à ce point prouvé sa nécessité formelle)), la variété et la richesse des documents (par choix heureux, certaines photos ne sont pas les plus connues). Les textes proposés (souvent si difficiles d’accès pour l’amateur (pour ne rien dire des manuscrits) sont judicieux. On apprécie les encarts (ainsi le livre d’or de chez Jeanne Bucher), les citations (quelle chance eut Staël dans ses amitiés souvent extérieures au milieu de la peinture!) et l'abondante bibliographie. On se félicite de la subtilité dense des notations elliptiques d’encadrés consacrés à telle ou telle œuvre ou tel ou tel moment (celui de l’avènement-événement des formes par exemple (page 53) ou encore l’avancée qui touche à Byzance (page 61)-mais il faudrait presque tout citer).
En quelques traits pertinents (1), sans prétendre bouleverser les acquis antérieurs, elle parvient à restituer les grandes étapes biographiques (enfance, premiers voyages, la vie dure), les rencontres majeures (les amis (dont Char), les peintres (Magnelli, Lanskoy, Braque, les maîtres du passé), les marchands), et, au plan pictural, elle dit, en peu de mots mais des mots qui comptent, ces mues qui caractérisent la recherche de Staël (le passage à l’abstraction, la rue Gauguet, le vain débat abstraction/figuration (qui permet pourtant de découvrir les belles réflexions de Staël), la mise en place du tableau comme mur, le décisif LES TOITS, le moment de 1951/52 qui ne fut ni une trahison, ni involution). Elle trouve  le temps de cerner toute l’importance du Lavandou, de la Provence, de la Sicile, des dessins préparatoires, elle laisse deviner le rôle de la mémoire du corps chez Staël, souligne la place du Nu (et de Jeanne); elle indique les modifications des techniques et matériaux, les déceptions des nostalgiques de la manière précédente, la frénésie de travail à Antibes.


Consciente comme tout le monde des étapes de ce parcours d'à peine quinze ans, elle ne délaisse pas l’idée de chemin ouvert par interrogations et “hazard” et obéissant à une logique profonde qui mériterait une autre approche. Elle nous dispense heureusement de toute psychologie.


En si peu de pages… Un seuil idéal menant vers de vastes portes toujours plus lumineuses.


 

 

Rossini, le 5 août 2014

 

 

Note

 

(1)Pour un parcours moins contraint par les conditions de l'édition, on se reportera à J-C. Marcadé et à son Nicolas de Staël chez Hazan.

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Published by calmeblog - dans critique d'art
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