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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 08:00

                                                  LE SERRÉ ET LE VAGUE

 

 

   "FALLAIT-IL VRAIMENT CONTINUER À JOUER EN DE TELLES EXTRÉMITÉS? ME DEMANDAI-JE, NAVRÉ POUR LE MAÎTRE. S'AGISSAIT-IL ENCORE, LÀ, DE CE QU'ON APPELLE LE GO? à L'APPROCHE DE LA MORT, LE ROMANCIER NAOKI SANJUGO AVAIT ÉCRIT UNE ŒUVRE ÉTRANGE, DU MOINS POUR LUI: UNE NOUVELLE AUTOBIOGRAPHIQUE INTITULÉE MOI IL Y DISAIT ENVIER LES JOUEURS DE GO:"SI L'ON DÉCIDE QUE LE GO N'A PAS DE VALEUR, ALORS IL EN EST TOTALEMENT DÉPOURVU, MAIS SI L'ON DÉCIDE DE LUI EN ATTRIBUER, C'EST ALORS UN OBJET DE VALEUR ABSOLUE."

 

 

            Un Maître incontesté du jeu de Go décide de livrer son dernier tournoi. Tout le monde s'attend à un certain type de match : "le heurt de la puissance contre la puissance, de l'éclat contre l'éclat, et un damier qui finirait par un imbroglio magnifique." Rien de tel n'aura lieu : "on ne peut imaginer d'espoirs plus radicalement déçus."

 

             Un seul mot s'impose aux commentateurs:un jeu incroyablement "serré". Rien de théâtral.


                Autant lever rapidement une objection bien légitime : LE MAÎTRE OU LE TOURNOI DE GO (publié par fragments puis édité en 1954) peut-il décourager qui n'est pas initié à ce jeu venu de Chine et remodelé par le Japon? S'il est indéniable que la connaissance des règles et des stratégies ne peuvent que renforcer le plaisir de lecture; s’il est certain aussi que la durée d’un match (ici, des mois pour une seule partie) ou la façon de parler (de murmurer pendant certains coups voire de chanter ou de manger des glaces) pendant l’échange ou encore que les pauses entre les coups scellés ont de quoi étonner ceux qui sont plutôt amateurs d’échecs (on imagine mal Bobby Fisher (ou G. Kasparov) jouer à d’autres jeux avec son adversaire (billard, majhong, échecs, échecs orientaux etc.) pendant les jours de repos,
néanmoins, le roman de Kawabata contient tellement de richesses qu'il est lisible même par ceux qui, comme nous, ne savent pas déchiffrer les diagrammes des parties qui accompagnent sa prose (1). 

 


  UNE CHRONIQUE

  En 1938, de juin à décembre, avec une interruption de trois mois, un Maître de soixante-quatre ans (un mètre cinquante, trente trois kilos), LE Maître invincible Honimbo Sushei remettait en jeu son “titre”. Il l’avait déjà fait en 1926 puis en 1930. Ce tournoi (devenu historique) durera six mois et aura lieu en différents endroits pour des raisons variées (Tokyo, Hakoné, Ito). Son adversaire se nommait Otaké, septième dan. Cette partie a donc eu réellement  lieu.

  Kawabata (ici sous le nom d’Uragami) a assisté à l'affrontement pour le compte du journal Tokyo Nichinichi Shinbun et, tout en reconnaissant des oublis, il s’est appuyé sur ses articles et sur ses notes pour écrire ce roman (on notera que le style d'Uragami tel que nous le lisons dans l'extrait de son article qu'il nous livre n'est pas celui du roman...). Durant les pauses, il voyageait beaucoup et longtemps dans le reste du Japon mais ne manqua aucune session. Cependant sa restitution est loin d’être chronologique (nous sommes bien dans un roman-le roman du Go) et elle obéit à des ruptures importantes et à une logique artistique. Le récit va et vient dans le temps: commençant par la mort du Maître et la fin de la partie, il consacre quelques pages à l’histoire du jeu, revient sur le tournoi de qualification, propose les commentaires d’après-match au milieu de son récit, étudie à nouveau les possibles raisons de la défaite du Maître…. Même s’il parvient à recréer des tensions inouïes à des moments-clés, on comprend que le suspens n’est pas son but  esthétique.

 

  On notera ici et là dans le cours du roman quelques allusions  discrètes à des écrivains présents ou non sur "le champ de bataille". Quelques mots du narrateur saluent le romancier Naoki. La scène d'ouverture conjoint significativement écrivains et joueurs de go auxquels on doit rendre un hommage égal.

 

 

LE NARRATEUR 


    Témoin privilégié, il était un des mieux à même de raconter cette rencontre historique. D’autant que sans être un grand joueur (il avoue ne pas avoir compris l'attaque des noirs mais il n'était pas le seul) et malgré ses dénégations, il prouve souvent sa compétence et que, de toute façon,
sur des points décisifs de la partie, il sollicite bien des avis de grands maîtres (comme on dirait dans le milieu des échecs ; ainsi consulte-t-il Go Sei-gen, un rival du Maître). Mais il est vrai aussi que la dimension humaine de l’affrontement a joué un grand rôle: ses lecteurs attendaient plus une analyse des joueurs que du jeu. Grâce à lui, nous avons les deux.


  Le décor est loin d’être indifférent : comme Kawabata dans ses autres œuvres, le narrateur est par instant attentif aux bruits, à la lumière (la photo du mort, à l'ouverture, est paradigmatique), à la végétation, à quelques animaux, à l’eau. Ce n'est pas un hasard si nous apprenons qu'un des murs de la salle de jeu "s'ornait d'une calligraphie bien encadrée de Hampo :"Ma vie, un détail dans le paysage."(je souligne) La nature, plus qu’un environnement convenu ou une pause dans le récit est une question centrale. Quand il s’agit de parler du Maître, le mot naturel (si délicat à définir, si abyssal) n’est jamais loin. Et le fameux coup Noir 121 sera même jugé un temps contre nature!

 

 Pour forcément le fréquenter malgré ses voyages, Uragami connaît assez bien l’entourage des joueurs: il parle souvent des familles des deux combattants (il aperçoit les épouses, dit quelques mots des enfants d’Otaké).
 Avec finesse, il sait aussi évoquer l’environnement trouble de la compétition, en particulier la pression des journaux qui ont établi des règles qui ne conviennent pas toujours et qui veulent maintenir l’attention du lecteur et augmenter les ventes ("Pourtant, le journal, organisateur du tournoit, voulait à tout prix qu'il continue. Le compte rendu, qui paraissait en feuilleton, avait un grand retentissement.")

 

 Cette  partie mémorable aura multiplié les différends extérieurs au jeu qui n'auront pas été sans effet sur lui. On peut parler de match dans le match et le prestige et l’âge du Maître le servent incontestablement. Bien des aspects de subtile diplomatie surgissent au moment de sa maladie en août. Plus tard, en novembre, il fallut encore durement négocier pour réduire le temps des intersessions. Les médiations sont rapportées fidèlement: celle de la femme d’Otaké comme celle du narrateur qui débloqua ce qui aurait pu être une crise en novembre.

 

  Sur l’évolution de la partie elle-même on ne peut rêver plus méticuleux sur les dates et la durée exacte des coups (2). On devine qu’une erreur de sa part serait une faute, pire, un sacrilège. Plus étonnant: il laisse passer quelques rumeurs souvent malveillantes (vite balayées mais pourquoi dans ce cas les restituer? nous y reviendrons) et, surtout il répète textuellement les confidences des joueurs, en particulier celles très accusatrices du Maître (il parla de malhonnêteté) qui pourtant ne manifeste rien en public, dans le cours du jeu.

 

  Jouant sur les distorsions du temps de sa chronique, le narrateur parvient à la fois à se remettre dans la conscience du moment (par exemple, son inquiétude devant les maux du maître ou l’accélération vers la fin, la surprise de Noir 121) et revient à plusieurs reprises, (on peut parler d'obsession) sur le coup fatal (au) Blanc 130, joué "distraitement".

 

 

    On devine toutefois qu'au-delà des faits de jeu, le narrateur a principiellement le souci du Jeu et de ses vrais enjeux.

 

 

 

 

UNE INTERPRÉTATION - "la tradition du Go considéré comme une voie de la vie et de l'art"

 

 

 

   Beaucoup de réflexions du narrateur engagent une interprétation  vite transparente. Dans son corps, dans sa parole, dans ses silences, dans son style, le Maître incarne un noble passé, un moment du jeu et, pour le dire trop globalement, une idéologie.  Certains passages ne laissent pas de doute : ”Le Maître, pendant son dernier tournoi, ne fut-il pas victime d’un certain rationalisme moderne attaché à des prescriptions tatillonnes mais ignorant tout de l’esthétique du Go? d’un rationalisme ignorant le respect dû aux anciens, les égards que se doivent les hommes? De la voie de Go, la beauté du Japon, de l’Orient à fui(3). Seules y règnent la science et la loi. L’avancement de dan en dan, déterminant dans la vie du joueur, devient un système pointilleux de comptabilité.” On devine ici une critique de l’égalitarisme et un respect absolu d’une certaine féodalité dans le jeu (et ailleurs, même si pour lui il n'y a rien en dehors du jeu) que confirment certaines réactions autoritaires du Maître. C'est tout bonnement le Japon qui fuit, se défait, se disloque.... Le narrateur poursuit:” Désormais, on ne lutte que pour vaincre, sans respecter de marge où revive la grâce du Go considéré comme un des beaux-arts. Les gens de notre temps veulent mener le combat dans des conditions de justice abstraite, même pour défier le Maître en personne.” On touche au passé, à la tradition, à une certaine religiosité (entendons la sacralité du territoire du Go): "Le maître avait choisi de s'appeler Honimbo Shusai, du nom de l'une des cellules du temple Akkoki de Kyoto; il avait d'ailleurs reçu les ordres religieux" - le narrateur emploie le mot de "martyr" (1) au sujet du Maître, à la Beauté (4) qui semblent comme éternelles et ne le sont pas. La science, le juridisme, la technologie, le calcul (la mathématisation de tout) attaquent comme des termites l’ancien, le stable, le ...naturel....On nous permettra une comparaison sans doute déplacée. Il y a dans ces deux héros (hérauts d'un certain Japon) un peu de l'effroi d'un Léo Strauss devant la montée du constructivisme.

 

  Ce qui retient Kawabata c’est la situation et une vérité qu’il voudrait pouvoir ne pas admettre.


  La situation. Le Maître (le Go) était à un moment charnière. Entre l’ancien et le nouveau. Entre la Règle (apparemment) invariable et le juridisme harcelant. Entre le respect dû à un despote (le Maître ne remerciait jamais ses disciples ou collaborateur) et les multiplications de différends provoqués par des vétilles.

 

  La vérité. On sait que le jeu du Maître passe pour le comble du naturel: on se demande si Kawabata, en ne cachant pas ses options idéologiques, ne médite pas plutôt sur la beauté (tragique) d'un inéluctable que ne voyait pas le maître (sinon après la partie) et que l’Histoire impose à tous. Une concession est révélatrice:le narrateur écarte la responsabilité d’Otaké.
Peut-être la situation évolua-t-elle d’une façon inéluctable (je souligne), le Go étant par essence une lutte, une démonstration de force.” S'il y a une essence du Go, elle est ailleurs que dans certaines valeurs que l'on croit fondatrices de sa tradition. Sa vraie nature s’actualise soudain dans l’histoire du moderne Japon (qui, alors, n'est pas n'importe quelle histoire....). Le Go n'est pas tout entier dans le jeu patient du Maître. Le Go n'est pas tout dans le Go que la tradition préserve et dans le comble qu'incarne le maître. Ce qui n'est pas sans constituer un choc. Ni provoquer une profonde mélancolie chez le narrateur.

 

  Moins simple qu'il n'y paraît, la dimension idéologique n'est cependant pas niable. Heureusement l'affrontement donne aussi lieu  au choc de deux styles.

 

 

 

 

DEUX ESTHÉTIQUES

 

   "Devant le damier le Maître et Otaké formaient un contraste complet, celui du mouvement et de l'immobilité, de la tension nerveuse et de la placidité."

 

 

   Le challenger Otaké (en réalité Kitani Minoru) a des problèmes de santé pendant la partie mais ils ne sont en rien comparables à ceux du Maître. Sa carrière a connu des hauts et des bas, il est capable du pire comme du meilleur. Son jeu est souvent agressif et le romancier parle même de férocité. Il est le joueur des farouches attaques et, pour le narrateur, il semble la réincarnation de Honimbo Jowa l’offensif  : “la stratégie de celui-ci consistait à construire des murs solides, lancer une offensive directe, et tout jeter dans un assaut frontal. Cela donnait un style de Go grandiose et en mouvement, peut-être même un peu voyant, pétri de crises, riche en coups de théâtre, en retournement de situation, un style qui plaisait énormément aux amateurs.” Dans les mots du narrateur on note une réticence qui a une valeur critique (“un peu voyant”). La puissance d’Otaké n’était pas celle du Maître, son éclat non plus. Mais précisément, Otaké choisit pour ce tournoi une autre stratégie : il ne voulait pas défier le Maître à son propre jeu. Il jouera au début la passivité tout en exprimant au regard éclairé ” un courant caché mais très puissant d’agressivité “ avec “une confiance inébranlable.” Ce qu’il faut bien comprendre dans le combat de 1938 c’est que cet attaquant fougueux se bride, se méfie de lui-même: il lutte contre sa propre hardiesse. Ce qui explique qu’il ait été longtemps précautionneux avant de laisser venir une explosion brutale née de beaucoup de "puissance refoulée".

 

 

  Le regard sur le Maître est plus nuancé, plus bienveillant, plus louangeur. Le chroniqueur ne cache pas son affection pour lui (il lui arrive de pleurer), il dit son émotion quand il décrit la posture (d’une dignité sévère et sans théâtralité) qu'il adopte devant le damier (tablier plutôt). Il laisse deviner son empathie devant les soucis de l’âge, le martyre du corps et souligne à plusieurs reprises la solitude du vieil homme "qui passa à côté du meilleur de la vie."(5) Il dit également son admiration pour la retenue du Maître au sujet des maux qui l'accablent en juillet et pour sa dignité dans la défaite. Il reste sidéré par sa retenue publique quand pourtant la colère l’habite à cause du mauvais coup que lui joua Otaké (il faillit abandonner en guise de protestation : plus tard le perdant reconnaîtra que sa colère l'avait poussé à être injuste - et...(mais il ne l'avoue pas) à perdre).

 

 Il nous convainc aisément de la capacité "inhumaine" qu'Honimbo Sushai a à jouer sans cesse à d’autres jeux pendant les pauses (échecs orientaux, go réduit etc. ; il ne se promène jamais, sinon vers la fin de la partie). Mais ce qui le fascine le plus, outre sa patience et sa lenteur qui affaiblissent les adversaires, outre les ondes de calme que le Maître répand autour du jeu, c'est principalement son absorption dans la partie qui le pousse à un point tel qu'il n'a aucun souci de celui qui lui fait face: il ne veut pas deviner son adversaire et récuse un travail psychologique. Seules les lignes du jeu le retiennent et, en cela, il est d'abord un esthète du jeu....et le medium de tout ce qui est essentiel dans le Go aux yeux de Kawabata, sans que l'on puisse parler d'essence du jeu comme on a vu. Le narrateur va jusqu'à parler de transe (le Maître a du mal à sortir du jeu) et on comprend que c'est cet idéal d'un "esprit dématérialisé", "perdu dans des régions lointaines" et laissant percevoir une aura inimitable, condamnée par l'Histoire mais que le narrateur veut préserver pour la connaissance des joueurs de Go qui viendront.

 

 

  Autant que deux époques, deux styles étaient aux prises. Deux esthétiques. L'une, celle qui meurt avec le Maître est présentée comme relevant d'une physiologie étonnante, miraculeuse que le mot français "vague" ne peut rendre. Au sens étymologique et en exagérant beaucoup, on pourrait dire que le Maître semblait é-nervé et que cette singularité conditionnait toute l'originalité de son art.

 

 

 LA VOIX DU GO

 

 

  On a dit que l'ignorance des règles du Go n'était pas forcément un obstacle à la lecture de ce roman. Il faut ajouter un point : alors qu'un romancier occidental nous aurait donné des informations et des méditations sur le passé des combattants, sur leur jeunesse, leur milieu d'origine, sur l'apprentissage du jeu (pensons au grand roman de Nabokov LA DÉFENSE LOUJINE), Kawabata se contente du minimum et fait, à nos yeux, l'impasse sur ce qui aurait pu donner lieu à bien des développements. L'important est dans le jeu, dans le rapport au jeu, dans le présent du jeu. Et l'essentiel du roman est dans une sorte de jeu narratif et discursif fait de ruptures, de constructions lentes, d'élaborations secrètes, de révélations vite anéanties mais qui gardent leur efficace souterraine. 

 

Au moment de la mort du maître (un an après sa défaite), dans la précipitation du triste événement, le narrateur offrit de modestes fleurs à sa veuve. Plus tard, au Maître disparu, il fit cadeau de la plus belle chose qui soit : un livre hommage où un autre art éclate, celui du romancier qui exprime ainsi sa dette admirative. Dans ce roman, tout en positions provisoires, en bottes secrètes, en surprises, en tensions, en contradictions demeure pour chacun le mystère de cet être d'exception dont il fallait respecter le secret....Mystère redoublé artistiquement par celui du romancier.


 En passant, Kawabata aura évoqué un joueur, Onoda, qui expliquait que pendant le jeu de son adversaire, il restait tranquille, les yeux clos et qu'il " se libérait du désir de vaincre"....

 

 

Rossini, le 12 novembre 2013

 

 

  

 

NOTES 

 

  (1) Autrement plus délicate est la question de la connaissance du Japon, de sa langue, du sens de ses mots quand nous croyons tenir l'équivalent en français. Citons par exemple "diabolique" parfois insistant dans le texte. Et plus généralement tout le sacré qui enveloppe le texte.

 

  (2) Citons, entre cent : " Le veillard ne semblait entendre ni le vent ni le tambourin d'un pèlerin passant non loin.Pourtant il mit quarante-sept minutes à jouer le coup suivant. Ce fut son unique longue période de méditation pendant son séjour à Ito. Otaké mit deux heures et quarante - trois mintes à jouer 109, qui fut scellé. La partie n'avait avancé que de quatre coups, le Maître utilisant quarante-neuf minutes seulement et son adversaire trois heures et quarante-six minutes."

 

 

(3)Interrompons un instant cette citation pour en découvrir une autre qui veut faire comprendre en quoi le Go chinois a été sublimé par les Japonais:” Aucune autre nation n’a peut-être créé de jeu qui soit aussi intellectuel que le Go, ou que les échecs à l’orientale. On ne pourrait sans doute envisager, nulle part ailleurs au monde, un tournoi qui dure quatre-vingt heures, étalé sur trois mois. Le Go, comme la cérémonie du thé, comme le No, se serait-il enfoncé de plus en plus loin dans les replis profonds de la tradition japonaise?”(je souligne). Il s'agit bien d'une certaine idée du Japon.

 

 

(4)le Maître n'est pas indulgent avec Otaké et son fameux coup qui orienta définitivement la partie (Noir 121) :" La partie est jouée. M. Otaké l'a gachée par son coup scellé, COMME S'IL AVAIT BARBOUILLÉ D'ENCRE UN TABLEAU QUE NOUS AURIONS PEINT ENSEMBLE."(j'ai souligné)

 

 

 

(5)Affirmation pour le moins problématique mais qui illustre bien notre exergue.

 

 

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