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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 05:21

 

 Quelques phrases comme surnageant d'un livre tombé dans une rivière...

   "les gens se disputaient, oui, mais ce n'était rien."

   " Le trou n'est pas un vide; le vide existe autour de lui."

    "Et pourquoi (…) poursuivons-nous?”

   "[Elle] les ignora comme elle avait appris à ignorer toute chose du monde qui n'était pas à l'écart, et en deçà."

  "Comment ce qu'on n'a jamais connu pourrait-il nous manquer?"

  "(...) parce qu'il savait que l'origine d'une histoire est toujours une absence(...)."    

   "Ils s'efforçaient de croire (...) que la tradition pouvait colmater les brèches, que la joie était encore possible."

             ••• 

 

 

   FIL, FICELLE (1)


  Le fil, la ficelle sous toutes leurs formes, dans toutes leurs fonctions (mémorielles avant tout mais pas seulement) hantent ce roman prodigieux publié en 2002 par un écrivain né seulement en 1977.... Prenons le fil le plus visible.

 Au "commencement", vers 1800, il y eut Safran l'usurier qui fut condamné à s'appeler Yankel. Il devint, par loterie, le "père" d'une rescapée de noyade et qu'il nomma Brod. Devenue jeune femme celle-ci fréquenta un homme nommé le Kolkien qui prit le nom de Safran  : les trois enfants qu'ils eurent se nommaient Yankel et leurs descendants prirent différents noms avant de revenir à celui de...Safran ( 2) : p 255). Un siècle plus tard un Safran, fils de Kolkienbrod, lointain descendant, fut sauvé des nazis par une jeune femme (Augustine). Son petit-fils, l'écrivain Jonathan Safran Foer sur la base d'une photo chercha à retrouver la jeune femme qui sauva ce grand-père Safran des mains des nazis.

 

      RESTE

 Que fait un naufragé resté seul sur une ile avec une seule histoire à se raconter? Que faire quand on perd la mémoire, même celle de son nom comme Yankel?

  Que reste-t-il quand il semble ne plus rien rester d’une vie? Quand il semble ne rien rester de centaines de vies détruites avec des armes et des tanks? Que reste-t-il du shtetl Trachimbrod oublié de (presque) tous? Pourquoi rester entourée des objets des morts de tout un village atrocement liquidé? Pourquoi rapporter dans un sac Ziploc de la terre d'un village disparu des cartes et des mémoires? Pourquoi, cinquante ans après, conserver la barrette de Miriam qu'elle gardait sous son oreiller? Faut-il  fouiller dans une boîte intitulée RESTES ou dans celle dite AU CAS OÙ? Faut-il creuser la terre qui regorge parfois de bocaux enterrés avec des alliances?  

  À l'inverse pourquoi certains messages dont on voudrait se défaire, certaines actions qu'on voudrait oublier demeurent-ils?

 Des étoiles mortes brillent encore pour nous. Nul passé n’est mort à jamais. Il reste à l'écrire. Écrire ce qui a peut-être disparu mais demeurera lumineux.

 

 C’est ce que suggère le premier grand livre de Jonhatan Safran Foer, TOUT EST ILLUMINÉ, livre vertigineux des traces, des oublis, des commencements et des fins (qui n’en sont pas) et qui s’achève  comme il se doit sur une phrase sans point.

 

  Safran Foer a écrit un très grand livre sur la mémoire (3), ce "sixième sens des juifs" est-il rappelé dans le fabuleux LIVRE DES ANTÉCÉDENTS. On parle communément de trou de mémoire. Dans ce testament des petites vies niées, détruites, oubliées, il est précisément  beaucoup question (et de façon sidérante) de trous (dans la synagogue ou séparant/unissant un couple ou encore parmi tant d'autres un  "trou du souvenir qui faisait du temps un trou à remplir"...). 

  Le roman de la mémoire et du trou, du vide jamais vide. Et de la lumière. Le roman de l'écriture.

 

     TOUT EST ILLUMINÉ 

    Ce titre polysémique mais profondément unique au plan d'une étonnante théologie (l'importance revenant aussi au tout) nous mène à des illuminations et à des lumières bien différentes qui s'éclairent l'une l'autre. Aussi bien celle, tragique, de l’incendie d’une synagogue ou d’un bombardement odieux que celle d’une théorie presque reichienne des énergies orgasmiques ("La lueur est née de l’addition de milliers d’amours. Jeunes mariés et adolescents qui étincellent comme des briquets au butane, couples d’hommes qui brûlent vite et d’une flamme brillante, couples de femmes qui illuminent des heures durant d’une douce multitude de lueurs, partouzes semblables à ces joujoux tournoyant en gerbes d’étincelles qu’on vend dans les fêtes foraines, couples s’efforçant sans succès d’avoir des enfants qui impriment leur image frustrée sur le continent comme la fleur qu’une vive lumière laisse dans l’œil après qu’on s’en est détourné.

  Certaines nuits, certains lieux sont plus brillants. Il est difficile de regarder fixement New York le jour de la Saint-Valentin, ou Dublin le jour de la Saint-Patrick. La vieille ville de Jérusalem derrière ses murailles s’allume comme une bougie chacune des huit nuits de Hannukah. Le jour de Trachim  est le seul moment de toute l’année où le minuscule village de Trachimbrod peut être aperçu de l’espace, quand il produit assez de voltage copulatoire pour électrifier sexuellement les cieux polono-ukrainiens. Nous sommes là, dira la lueur de 1804 dans un siècle et demi. Nous sommes là, et nous sommes vivants."

   Malgré de très sombres heures le récit est saturé de lumière. Nous découvrirons l'importance de la foudre dans des moments importants aussi bien que le feu rayonnant d'un secret, les cigarettes d'un étrange clan ou encore la lumière limitée d’un obsédant écran de télévision. L'illumination sera aussi celle de révélations qui éclairent la vie et pas seulement celle du Rabbin Vénérable de la Synagogue Verticale. 
   Tout s'éclaire, tout flamboie pour le pire et le meilleur, tout se comprend, tout s'illumine dans un cheminement qui doit tout à l'écriture.

 COMPOSITION       

  Le roman se présente comme une quête qui se révélera double parce qu'un héros en révélera un autre, involontairement. Jonathan Safran Foer cherchait à retrouver celle (Augustine) qui sauva des nazis, en Ukraine, son grand-père Safran (l'homme au bras droit infirme) qui mourut aux États-Unis. Il avait demandé un “guide” ukrainien pour retrouver le shtetl Trachimbrod que personne visiblement ne connaissait plus.

  Le livre que nous lisons est à deux voix qui se mêlent dans des formes et des registres différents selon des temporalités complexes. Une troisième s'ajoutera à l'extême fin, traduite...

 Nous lisons les lettres mais aussi le récit d’Alexandre, le très jeune guide ukrainien dont l’anglais est approximatif (on sourit de ses erreurs de vocabulaire pris maladroitement dans un dictionnaire (il a un fâcheux emploi de numéraire, articulé, intentionner, excaver, il dira manufacturer un bruit, être approxime, il parlera de nomade de la vérité etc.)) et qui raconte à sa façon les péripéties du voyage (avec son grand-père et le chien Sammy Davis Junior, Junior) avec l'écrivain américain : en outre il lit, au fur et à mesure de sa rédaction par Jonathan Safran Foer, les lointaines aventures (à la fin du XVIIIème siècle) du Kolkien, de Brod, puis de Safran le grand-père de Safran Foer le romancier : tout commence en 1791 (avec la noyade de Trachim) et ce que découvrent Alexandre et le lecteur constitue une sorte de généalogie miraculeuse de la famille de l'auteur venue aux Etats Unis après la guerre.

 Alexandre, jeune ukrainien fasciné par le mythe américain, peu cultivé mais sensible, conseille celui qu’il appelle le héros (le romancier Safran Foer) à propos du récit que nous lisons (et où il affirme parfois sa liberté de créateur (le portrait de Brod), lui demandant de l’arranger, de taire certaines choses) tandis que de son côté il écrit  sa version du voyage et ses tragiques découvertes familiales, devenant ainsi malgré lui, comme son grand-père Éli, un héros du livre.

  La difficulté (vite surmontée) provenant du fait que nous découvrons la reconstitution de la vie des ancêtres de Safran Foer avant le récit du voyage et de certaines étapes qui ont permis cette reconstitution. En outre la narration navigue parfois d’une époque à l’autre : nous passons de 1804 à la fin du XXème siècle pour revenir à 1941 (au mariage du grand-père Safran, le futur rescapé des nazis) et même en 1804....

 

 

          AU "COMMENCEMENT"

       Une scène reviendra souvent sous des formes différentes (récit, théâtre (réécriture évidemment - tout est déjà réécriture dans ce livre et ailleurs, à commencer par le commencement) - ce qui prouve d'emblée que Safran Foer sait tout faire):celle d’un accident qui passera pour fondateur et qui sera proprement  générateur. 

 Ce roman est le roman des généalogies parfois difficilement dèmêlables. La généalogie comprenant sans doute la somme des récits contradictoires ou effacés, grattés, recouverts, réorientés comme on peut le constater avec la fondation des rabbins Verticalistes et des Avachistes. Mais surtout éclairant des racines qui ne sont pas que biologiques.

  Le 18 mars 1791, au fond de la rivière Brod, au niveau des petites chutes (partie qui séparait alors le shtetl “entre la partie juive et la partie humaine”), le chariot de Trachim B toma et resta coincé. Tout sombra: des objets remontèrent à la surface qui attirèrent les deux jumelles du Rabbin Bien Considéré. Qui était ce Trachim? Était-il avec sa femme? Peut-on faire confiance au témoin Sofiowka, un fou comme on a vu? Tout le shtetl (300 citoyens) en débattait lorsque surgit du fond de l’eau, parmi divers objets, une fillette nouveau-née...dont on ne retrouva jamais le père dans l'eau.

 Peu à peu une fête (avec lancer de sacs et plongeons pour attraper un sac de louis d'or) s’instaura chaque 18 mars pour célébrer cet “événement” qui inspira des théories toutes plus étonnantes les unes que les autres.

 Que devint l’enfant? Elle fut “adoptée” après beaucoup de hasards nécessaires par Yankel (ayant renoncé au nom de Safran) l’usurier couvert d’opprobe (mais pourquoi?), portant autour du cou la boule de la honte et auteur, par tirage au sort, du nom (TRACHIMBROD) du village demeuré jusque là anonyme. Il baptisa évidemment l'enfant du nom de la rivière où elle apparut, Brod.

 

     SHTETL

  De ce village minuscule vous saurez tout : son emplacement, sa fontaine, son Moulin qui tue une fois par an, sa plaque commémorative, son Cadran où se mêlèrent les teintes de l'arc-en-ciel dans un épisode mémorable, sa statue évolutive porte-chance, son double nom(4) (qui aurait pu être “Isolat Temporel de Poussière et de Ficelle” si on avait suivi le philosophe Pinchas...).

 

  Grâce à de très grands auteurs (et peintres - les habitants sur le toit y font penser) on connaît (on croit connaître) le shtetl et ses chroniques. On le retrouve ici dans sa vie quotidienne, sa démocratie et ses votes, ses fêtes, dans ses divisions, ses querelles, ses commérages, ses malveillances, ses petits secrets (restitués par un narrateur  diablement omniscient), ses légendes, ses aspirations utopiques, ses célébrations, ses réputations surprenantes (ainsi le rabbin de la Variété Potagère), ses personnages si vrais qu’ils défient l’imagination, ses petits malheurs, ses tragédies, son indéfinissable originalité spirituelle. On a envie de tous les rencontrer, de leur parler de l’importance d’un nom, de les écouter. Grossièreté ou tact, matérialité ou disputes théologiques, tout vous émeut.

   Mais ce roman, grand par cet aspect, grand par le rappel poignant des tueries nazies (l’assassinat du shtetl, les scènes de profanation verbale, les choix impossibles à faire sous la menace) est surtout grand par la pensée qu’il infuse, cette illumination (bien audacieuse) fractionnée et totale.

          MAGIE

  Quand on sait à quoi sert ce mot galvaudé, véritable emblème du kitsch, on a scrupule à l’employer. Mais une des illuminations du livre consiste à réveiller ou éveiller en nous ce qui a été saboté depuis des décennies ou jamais vraiment ressenti. Émerveillé, le lecteur admet tout dans un univers simplement prodigieux où il sait pourtant que viendra le tank nazi.

  Beauté des histoires d’amour (avec ou sans amour partagé: Alexandre, le jeune guide, critique Safran Foer (le héros) quand il croit deviner en lui et sa famille comme un désaveu de l’amour;  Yankel le mélancolique abandonné par sa femme, Brod et son “père” adoptif, Brod et le Kolkien devenu violent (il faut recourir à une séparation dans l’espace de la maison avec un simple trou pour communiquer - un troisième Yankel en naîtra…); les aventures innombrables du grand-père Safran au bras accroche-cœur (le Safran des années trente du XXème siècle) et sa passion immense pour une gitane qu’il doit cacher parce qu'elle est justement gitane.

 Merveille des inventions (l'incroyable LIVRE DES ANTÉCÉDENTS en expansion continue et qui se retrouve dans la version du narrateur Safran Foer (le mot proustien de palimpseste s'impose ici comme dans tout le roman), l’épisode des MAINS TEINTES, la bibliothèque de Trachimbrod, le découpage de journaux qui proclament la guerre pendant que les amoureux les détournent pour se  donner un rendez-vous), génie des hasards qui métamorphosent tout (l’extraordinaire “hérédité à rebours” de la statue de la Place), pouvoirs ensorcelant du sacré et du profane qui se jouent des tours....

  Merveille de la sophistication (ahurissante de transgression tranquille si on y réfléchit bien) du Bien et du mal, des superstitions, des dialogues, des pirouettes verbales, des questions métaphysiques traitées en passant avec éclat (comme les notions d'art et d'artifice), mystère des maladresses d'Alexandre qui en disent plus que de grands thèses, des invraisemblances qu’on veut croire les yeux fermés (ce journal du grand-père que le narrateur complète (on ne sait comment) dans ses silences sexuels), puissance des images (l'odeur des femmes ("Il l'emportait partout avec lui à ses doigts comme autant d'anneaux, au bout de sa langue comme autant de mots (...)", le noir de Trachimbrod, les fantômes à l’intérieur des paupières)....Tout est illuminé.

  FORME 

   On l’a compris : l’éblouissement que procure ce livre tient surtout à sa forme. Elle sollicite la mémoire comme il se doit dans les monuments romanesques de ce style. Les échos, les rappels, les renvois innombrables, les fils qui s’entortillent nous éclairent à chaque pas - à la vie, à la mort. Il suffit d’évoquer la scène initiale de la chute du chariot de Trachim dans la rivière Brod. Tout au long du roman on va voir prendre corps la légende et cet épisode est proprement la matrice textuelle, narrative, symbolique de tout ce qui se développe sous nos yeux ébahis, y compris l'espèce de tempête qui se retrouvera à des moments profonds du livre. Brod la rivière qui se double de Brod l’enfant née en son cours (elle incarne naturellement la sirène dans la fête annuelle) et qui jusqu’au bout, cent cinquante ans après, parle encore dans le rêve de la fin du monde.

  Le rythme du livre, ses détours apparents, ses méandres, tout sort de cette rivière et tout finit dans cette Brod dont le fond fit débat entre Joseph et Sarah L qui divorcèrent et se remarièrent des dizaines de fois, dans cette eau où l’on meurt (peut-être au début (pour Trachim, le mystère demeure), sûrement dans la tragédie du village) et où l’on naît, d’où émergent des objets qui sont comme des bulles qui exploseront dans le texte comme autant d’éclairs. Ces objets et d'autres tout aussi perdus qu’on retrouvera dans les boîtes gardées par la bien nommée Lista, boîtes à la classification borgésienne.

   Magnifiques encore les linéaments de l’amitié et la double progression de la quête du héros Safran Foer et de son nouvel ami ukrainien Alexandre : deux lignes, deux fils qui se rejoignent, se nouent, la première descendant le long des générations qui mènent au grand-père Safran qui sera sauvé, l'autre qui remonte dans la mémoire douloureuse du grand-père d'Alexandre qui en meurt. 

     RESTE - À ÉCRIRE.

  Cet immense roman est avant tout un hymne à l’oublié, au préservé avec ou sans raison, à la  trace, au fragment délaissé, à l’écriture, à l’écrit sous toutes ses formes, qu’elles soient grandioses ou naïves: bien sûr il y a la Loi mais on la traite de façon étonnante (les rabbins ont beaucoup à faire) et même la gitane en réécrit une pour son amour; il y a, sauvée des eaux, la phrase mystérieuse je m’engage au commencement de tout le récit. On découvre aussi les mots que Yankel inscrivit au rouge à lèvres au plafond pour se rappeler qui il est et pallier la ruine de sa mémoire; ou encore dans sa main de mort, ce papier griffonné d'une écriture enfantine "tout pour Brod" ; il y a la multiplication-dissémination des mots d’amour entre Safran et la gitane à l'aide des découpures de journaux ou des inscriptions sur les arbres avec un couteau devenu émoussé et qui servira au suicide de la jeune femme; du même Safran, adressé à la gitane, le petit mot qui resta sous un verre renversé et finit brûlé puis emporté dans la Brod; ou l’extrait sauvé du LIVRE DES RÊVES RÉCURRENTS tombé sur le visage brûlé d’un enfant...

 Safran Foer rédige un extraordinaire chant de célébration des livres et de la mémoire quand bien même elle serait étouffante et détournerait du principe de réalité. Dans son roman on ne compte pas les journaux intimes, on apprend le prurit d'écrits autobiographiques dans le début des années 1800, on comprend la profondeur du don précieux d'un livre (un Hamlet - qui est sûrement juif...). On découvre les restes de L'ENCYCLOPÉDIE DE LA TRISTESSE écrite par Brod. On mesure l'importance de la bibliothèque (répartie selon la couleur des couvertures) de Yankel qui deviendra celle du shtetl, l'ampleur du désir d’écrire l’histoire de Trachimbrod même quand certains jours il n'y a rien à écrire....sinon nous écrivons, nous écrivons, nous écrivons...

 


      Ce roman qui a la forme du récit, de la prise de notes, de l'échange épistolaire, de l'encyclopédie, de l'anthologie, qui est également un immense exercice de réflexion sur la traduction propose au plan philosophique des audaces rares : il vient se joindre aux fictions nécessaires à la vie qui finit souvent avec des mains coupées (la gitane, le fou, le grand-père d'Alexandre) ou par des pogroms mais il porte une lumière d'une instensité si forte qu'elle vous transforme comme rarement roman a pu le faire. 

 

 

"Elle lui dit qu'elle souhaitait qu'il y eût encore un commandement, un onzième, gravé sur les tablettes: Tu ne changeras pas."

 

Rossini, le 31 janvier 2013

 

Notes

 

(1) Sofiowka, le fou, connaît une mésavanture symptomatique: "(...)on l'avait un jour retrouvé sur la pelouse devant la maison du Rabbin Bien Considéré, ligoté de ficelles blanches, expliquant qu'il s'était enroulé une ficelle autour de l'index pour se rappeler quelque chose de terriblement important, puis craignant d'oublier son index, il s'était ligoté le petit doigt, puis de la taille au cou, et craignant d'oublier cette ficelle-là, il s'en était entortillé une de l'oreille à la dent, de la dent au scrotum, du scrotum au talon, utilisant son corps pour se rappeler son corps mais ne s'étant rappelé pour finir que la ficelle."

(2) N'oublions pas : "Ce Yankel engendra Trachimkolkien. Trachimkolkien engendra Safranbrod. Safranbrod engendra Trachimyankel. Trachimyankel engendra Kolkienbrod. Kolkienbrod engendra Safran."

(3) Qui connaît des ratés :" (...)Les souvenirs sont de petites prières à Dieu, si nous croyons à ce genre de choses ...car il est dit quelque part quelque chose à ce sujet précisément , ou quelque chose qui y ressemble...j'avais le doigt dessus il y a quelques minutes..je jure que c'était là...Quelqu'un a-t-il vu le LIVRE DES ANTÉCÉDENTS? J'avais un des premiers volumes voilà une seconde...Merde! Quelqu'un peut-il me dire où j'en étais? Je suis totalement perdu et gêné et il faut toujours que je merde quand c'est chez moi..."

(4) le nom officiel du village (sur les cartes officielles et pour le recensement  mormon) est celui du fou Sofiowka. Trachimbrod n'est employé que par ses habitants... 



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Published by calmeblog - dans roman américain
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