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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 05:44

 

    On connaît la gageure que propose à ses auteurs la collection DÉCOUVERTES : dans un format très réduit, instruire (dire l’essentiel en peu de pages), séduire (multipliez les angles, les images, rapprocher, opposer, solliciter l’œil et l’esprit). Le pari fut tenu par Françoise Cachin avec son MANET, peintre pour lequel elle fit beaucoup lors de son passage à Orsay (on pense aussi au catalogue de la grande exposition de 1983) et qu’elle présente ici avec une ouverture dominée par un beau texte de Leiris et des portraits largement encadrés du célèbre noir.... 
    En quelques chapitres efficaces, elle scande la carrière mouvementée du peintre (l’apprentissage chez Couture et au Musée, les influences renforcées par des voyages (plutôt : les références choisies avec force, Velasquez, Hals), les refus et les scandales (avec de beaux angles sur LE DEJEUNER SUR L’HERBE et OLYMPIA), les amitiés littéraires et picturales. Elle dégage aussi les motifs ses plus frappants (les espagnolades, le religieux (si rare), un certain plein air, les marines, les femmes déguisées le plus souvent, la vie moderne, la vie parisienne) tout en donnant les précisions biographiques indispensables et en insistant sur la place de la mort, la part d’ombre qui couvre même certaines natures mortes.
  Espace important de la collection, un cahier final complète heureusement le parcours avec des témoignages, des réflexions de spécialistes et témoignages de grands peintres contemporains ou non de Manet..
    Comme pour Degas (mais pour d’autres raisons picturales) le cadrage et le montage voulus par la  maquette de DÉCOUVERTES conviennent parfaitement à Manet en proposant un mouvement souvent frontal : tel détail est agrandi judicieusement, des sources sont mises en rapport avec un Manet (LE BAIN est bien montré avec l’idée d’un Titien contemporain, de «défi tranquille au grand art»), des colonnes isolées donnent des esquisses ou un aperçu d’autres talents moins connus du peintre; dans des coins visuellement bien calculés, des citations claquent, des caricatures de l’époque en disent beaucoup sur la réception de l’œuvre; des comparaisons rapides mais éloquentes (avec Monet par exemple) apprennent l’exigence du regard.

    Alerte, précis, cet opus donne envie de courir revoir des Manet et d’approfondir ce parcours avec Valéry, Bataille, Fried, Rubin, Sollers, et tant d’autres mais en gardant en tête l’eau-forte d’après Fra Angelico, le Silentium ....

 

Rossini

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Published by calmeblog - dans critique d'art
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