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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 06:18




            Eugène Green nous offre un conte satirique qui a pour époque et arrière-plan la période allant des années soixante à la première décennie du troisième millénaire.

 Partant de l’opposition très ancienne des atticistes et des asianistes qui fit plus récemment le succès de l’Immortel Fumaroli, Green veut nous faire le tableau plaisant d’une longue guerre entre les défenseurs de la Tradition française et ceux de la révolution dans les têtes, les sexes, dans et par les œuvres.

 Si certains personnages sont reconnaissables, d’autres se veulent de synthèse, empruntant tel trait connu à tel intellectuel de gauche ou de droite et, à tous, le sens de l’opportunisme et de la palinodie.

 Quelques passages font sourire, quelques portraits sont enlevés. Certaines situations sont burlesques et  la pique du satiriste vise souvent juste.

 Les fervent(e)s sémiologues et les ardents défenseurs de la France “de toujours” méritaient-ils un conte inspiré de Voltaire? Fallait-il ajouter quelques  noms propres lourdement soulignés à une dénonciation aussi vieille au moins que l’ÉCCLÉSIASTE? Était-il nécessaire d’en passer par une banlieue aussi vraisemblable que l’Eldorado pour se sauver de l’ennui et de l’essoufflement? Pourquoi s’attarder sur pantins et bouffons s’ils ne furent que si peu? N’y avait-il alors pas quelques “Gilles”?

  Ne reprochons pas à Green de ne pas être Dos Passos pour une période qui le mériterait pourtant. Il reste qu’à le lire on regrette d’en venir à se demander si le jugement de Voltaire sur ses propres contes n’était pas fondé. 

  Pour ceux qui ont vécu cette période cette pochade stylée laisse au moins un goût de cendre.

 

 

  Rossini, le premier janvier 2013

 

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Published by calmeblog - dans conte
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