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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 08:20


 

 

  «Je suis frappé par le résumé de la carrière de Warhol qu'offrent ces deux œuvres, son début et sa fin, Campbell's Soup Can et Last Supper:il avait trouvé sa voie. Mais je suis tout aussi frappé par l'écho entre l'assiette de soupe et le récipient posé sur la table, sur lequel Jésus semble baisser les yeux, comme si cet objet était investi d'une signification profonde. J'imagine Warhol, debout devant ces deux peintures, dans les derniers instants qu'il devait passer dans son atelier, contemplant les deux récipients comme s'il s'agissait de deux Graals.

 Bien sûr, il est impossible de savoir quelles furent ses dernières pensées en tant qu'artiste, mais j'aime à imaginer qu'il songea à ces deux plats, l'un vide, l'autre plein de notre soupe quotidienne, chaude, nourrissante, savoureuse, comme la réponse à une prière. Ensemble, ces deux peintures révèlent sa vocation d'artiste. Il est reconnaissant pour le pain quotidien demandé dans le Notre-Père.»

    

       Arthur C. Danto évoquant la photo d'Evelyn Hofer  link

 

 

«L'achat est un acte plus américain que la pensée, et je suis américain jusqu'au bout des ongles.» A. Warhol

 

•••

 

 

             Arthur C. Danto (1924/2013) fut un critique et un professeur de philosophie qui compta dans la seconde moitié du XXème siècle:en préface à ce ANDY WARHOL publié en 2009, il se présente comme critique (surtout dans THE NATION) et comme philosophe de l’art: il dit clairement que ce livre honore une dette qu’il contracta à l’endroit de Warhol (il lui doit une modification radicale dans sa carrière et dans son regard sur l’art) et, en particulier de ses Brillo boxes.  De façon plaisante, il parle de lui-même de temps en temps (il voulut faire carrière comme peintre; il aurait sans doute peu compris la première exposition de Warhol; il a adoré les boîtes BRILLO qu’il découvrit lui-même dans la galerie Stable en 1964; un rêve l’a amené à faire un rapprochement avec Wittgenstein...) et on comprend toujours plus combien le peintre a tenu une place importante dans sa vie et sa réflexion.

 

   Sans brûler les étapes, disons que Danto apprécie la «stupéfiante profondeur conceptuelle des annés 1960» de Warhol et qu'il veut donner de l'artiste «une étude de ce qui [le] rend si fascinant d'un point de vue philosophique.»

 

 

REPÈRES

 

              Danto précise bien qu’il ne propose pas une biographie (ce n’est pas de sa compétence (dit-il) et il renvoie (avec raison) à des études plus détaillées comme celles de Bourdon et Bockris):il va seulement proposer quelques repères dans la carrière de Warhol et donc, en philosophe analytique, évaluer son importance théorique.


    Le premier se situe en 1961 quand Warhol passe de «dessinateur publicitaire » à «membre de l’avant-garde newyorkaise.» Danto prête une grande attention à la série Before and after (qui structurera aussi son petit livre)  et il le démarque nettement de Roy Lichtenstein tout en montrant qu’il a eu recours (un temps et sur un point très limité) à l’expressionnisme abstrait. Selon lui la transformation est finie en 1965 avec le succès de sa première rétrospective à l’Institute of Contemporary Art de Philadelphie. Danto estime que cette période est «peut-être la transformation la plus mystérieuse dans l’histoire de la créativité artistique.»(je souligne) Au moment de conclure, Danto considèrera cette phase comme un tournant à dimension religieuse.
 

 Dans cette période LA VITRINE DE BONWIT TELLER (des œuvres de Warhol dans une vitrine avec mannequins (1961)) fut un grand moment comme furent retentissantes en 1962 les séries de soupes Campbell (TIME MAGAZINE en fera sa couverture) et les boîtes BRILLO (en 1964) qui ont visiblement sa préférence pour beaucoup de raisons (philosophiques avant tout).
 Quand, en 1965, ses œuvres les plus célèbres sont produites, Warhol annonce sa retraite et décide de passer au cinéma. Avec des anecdotes assez connues et, en suivant les acquisitions techniques d’Andy, Danto évoque brièvement quelques films qui ont fait date (SLEEP, BLOW JOB, EMPIRE (qu’il place au même niveau de chef-d’œuvre philosophique que les Brillo Boxes...)), il défend LONESOME COWBOYS (pour sa beauté…critère assez peu radical, il faut le reconnaître), met justement l’accent sur BOUTS D'ESSAI (qu’il rapproche d'une autre pratique typiquement warholienne (FACTORIES DIARIES) et précise que la veritable aspiration de Warhol était «le prestige et la réussite commerciale hollywoodienne». Il fait deviner que l'expérience de la télévision (laborieuse au départ) mériterait des travaux autrement significatifs.

 

  À chaque étape, Danto ne manque pas de nous raconter les différentes Factories, leurs fêtes, leurs célébrités de passage, les habitués (Ondine, les Mole People, Fred Herko) etc.), s’interroge rapidement (et sans y répondre) sur la place de la drogue dans la vie et l’œuvre de Warhol, s’attarde évidemment sur la tentative d’assassinat en juin 1968 de Valerie Solanas si souvent racontée (en apparence, une histoire de scénario égaré). Reprenant le titre publicitaire AVANT/APRÈS d'une des œuvres de Warhol, Danto s'interroge évidemment sur les conséquences de l'acte de Solanas. Sans pousser bien loin l'analyse, il pense qu'avec le changement de Factory et la transformation d'Andy en businessman à la tête d'ANDY WARHOL ENTERPRISES S.A. (les bureaux de la troisième Factory étaient dignes de cadres dynamiques), ce crime ne fut pas pour rien non plus dans une évolution qu'il semble regretter.

   Après une réflexion un peu rapide sur la fin des années 60 et le bilan que représenta l'exposition itinérante (de Pasadena au Whitney Museum de New York en 1970), Danto évoque le retour de Warhol à la peinture en 1972 (mais il ne l'avait pas vraiment quittée) avec la série des Mao (ses films ne rapportant rien, coûtant de plus en plus cher et étant pris en charge par d'autres que lui....(dont P.Morrisey))

 

  Danto (qui, à notre avis, ne prend pas tout à fait exactement la mesure de la théorie warholienne du business art) voit un recul, une perte d'ambition malgré des réussites (des gravures pour la galerie Feldman) dans l'art conçu comme façon de faire de l'argent:et, curieusement, il est incapable d'expliquer l'échec de la série des DOLLARS de 1981 (chez Castelli) alors qu'il les trouve d'une grande inventivité. Ainsi l'explication qui valait pour les Campbell et les Brillo ne convient plus.

 

 

POURQUOI WARHOL?

  «Andy avait par nature l’esprit philosophique.La plupart de ses œuvres les plus importantes offrent comme une réponse à des questions philosophiques, une solution à des énigmes philosophiques. Cela échappe à de nombreux spectateurs puisque la philosophie n’est guère cultivée en dehors des universités, mais à dire vrai, une bonne partie du savoir philosophique nécessaire pour apprécier la stupéfiante contribution de Warhol n’existait pas avant qu’il crée l’art en question. L’esthétique moderne est plus ou moins une réaction aux défis lancés par Warhol; en un sens , en créant les œuvres qui l’ont rendu célèbre, il faisait de la philosophie. Autrement dit, la philosophie de l’art avant Warhol n’a pas grande pertinence pour aborder son œuvre:ces textes philosophiques n’ont pas été écrits dans la perspective d’un art comme le sien, puisque cet art n’existait tout simplement pas avant qu’il le crée.» (page 135)

  Cette longue citation définit assez bien la “logique” du livre de Danto et la difficulté qu’on peut avoir à le cerner. Elle suggère aussi son originalité.


 Passons sur «Andy avait par nature l’esprit philosophique» (cette proposition a-t-elle vraiment un sens?) et prenons la mesure de la complexité de la proposition. Ses œuvres les plus importantes offrent comme une réponse à des questions philosophiques, une solution à des énigmes philosophiques. Mais, en même temps, la philosophie qui précéda Warhol ne saurait répondre aux questions qu’il pose philosophiquement. La philosophie d’avant Warhol ne sert donc à rien pour l'approcher. Autrement dit:un bagage philosophique ne s'impose pas. Les propositions artistiques de Warhol et les découvertes de Danto suffisent. D'autres interrogations viennent à l'esprit. Les questions philosophiques que pose l’art de Warhol valent-elles pour toute l'histoire de l'art? Tous les acquis de l’esthique et de la philosophie de l'art sont-ils condamnés, dépassés, caducs, inutiles? Enfin, soupçon pour l’analyste et l’essayiste : comment dire Warhol?(1)

 Essayons de comprendre ce que propose vraiment Danto.


  Banalement, il reconduit l’idée selon laquelle Warhol, devenu icône (son aspiration unique selon Danto) fut, plus que n’importe quel artiste pop, le miroir parfait des États-Unis: «s’il est une icône américaine, c’est parce qu’il prend toujours pour sujet quelque chose que l’Américain moyen  peut comprendre: tout, ou presque tout ce qui l’a inspiré venait directement de la vie quotidienne d’Américains très ordinaires.»(je souligne
(2)) 
 Il avance aussi que, dans une mouvance dont il rappelle quelques lignes de force bousculante (les années 50), Warhol a modifié à jamais les sujets de l’artiste (le banal, le trivial, le déclassé, la culture de masse, le commercial) aussi bien que la représentation de l’artiste, même s’il fut loin d’être le premier -comme Danto ne le dit pas assez. Passant d’un support à un autre (peinture, dessin, gravure, photographie, cinéma, télévision, écriture), Andy aurait réinventé le concept même d’artiste, se détachant de Duchamp qui, selon Danto, ne voulait que se débarrasser des artistes uniquement voués aux joies de la rétine....

    Une longue citation d’Edmund White est éclairante même si elle est en elle-même discutable sur certains points et si Danto ne reprend pas ou pas assez tous les aspects: «Andy a pris toutes les définitions possibles du mot art, pour les récuser. L’art révèle l’intervention de la main de l’artiste: Andy a recouru à la sérigraphie. Une œuvre d’art est un objet unique: Andy a produit des multiples. Un peintre peint : Andy a fait des films. L’art est séparé du commercial et de l’utilitaire:Andy s’est spécialisé dans les soupes Campbell’s et les billets de banques. La peinture peut se définir par opposition à la photographie: Andy a réutilisé des instantanés. Une œuvre d’art est ce qu’un artiste signe, la manifestation d’un choix créatif:moyennant une modeste somme, Andy signait n’importe quel objet. L’art exprime la personnalité de l’artiste, en conformité avec son discours: Andy s’est fait remplacer par un imposteur dans une tournée de conférences.» 


     En fait, ce qui a retenu fondamentalement Danto et ce qui a eu un effet sur sa carrière philosophique (la dette évoquée avant), c’est précisément l’apport inédit de Warhol à la philosophie de l’art. Et c’est incontestablement l’épisode des Brillo boxes qui représente l’avancée la plus louable à ses yeux (le film EMPIRE partageant ce privilège). 

 

 En simplifiant beaucoup, disons que Warhol aurait fortement  dynamité (ou aidé à sa juste formulation) les questions  «qu'est-ce qu'une œuvre d'art?» et «qu’est-ce que l’art?» en réduisant à l’invisible ce qui fait que l’art est l’art. C’est ailleurs, entre autres, dans LA TRANSFIGURATION DU BANAL publié en 1981 que Danto dialoguant avec des confrères (dont Goodman ou Dickie) avança sa thèse que nous ne pouvons discuter ici mais qui fait un large sort aux BRILLO BOXES (3), à FONTAINE de Duchamp, au Quichotte de Pierre Ménard (Borges) sans oublier quelques exemples imaginaires (comme la cravate de Picasso-on sait que les exemples fictifs sont une des grandes ressources de la philosophie analytique)(4) 

 

  Il reste que, même si on admet pour acquise sa thèse (5), on constate que cet apport jugé majeur en philosophie esthétique («la boîte de soupe Campbell invalidait tous les canons de l'esthétique philosophique (...)») n’a guère changé le reste des critères de jugements de notre éminent philosophe (qui dans sa TRANSFIGURATION DU BANAL, écrit que «les œuvres d'art font appel à une esthétique spécifique, ainsi qu'à un langage particulier réservé à leur appréciation.»). Pourtant le moment était propice puisque Warhol, selon Danto, avait dégagé l'essence de l'art (et, mais c'est l'objet d'un autre livre, avait mis fin à l'histoire de l'art).


 Interrogeant l’ontologie de l’œuvre d’art, Danto ne remet rien d'autre en question et surtout pas le style de son travail sur Warhol. Il a certes des digressions plaisantes, des remarques amusantes (la révolution sexuelle opérée par la coiffure des Beatles; la voyance de Warhol en ce qui concerne le maquillage de Mao…- d’autres plus douteuses (les femmes et la laideur)) mais il continue à faire de l’histoire de l’art comme si rien n’était passé avec Wahrol ou depuis Duchamp et bien d’autres artistes ou théoriciens autour de lui. On a l'impression de lire alors un journaliste et pas du tout un philosophe-mais sans doute la différence est-elle selon lui aussi ténue qu'entre une boîte Brillo et une BRILLO BOX.... Son lexique esthétique est surprenant: on y retrouve la beauté, la pureté (6). On le voit  parcourir l’œuvre de Warhol en majorant certains moments, en en minorant d’autres:au nom d’une hiérarchie dont on aimerait connaître (en termes analytiques) tout de même la provenance, il délaisse la série des SHADOWS, il écarte les DEATH AND DISASTERS qui ne sont pas assez «américains» et critique les DOLLARS SIGNS «trop décoratifs, trop amusants. Ils feraient un bon motif ”clin d’œil “pour un rideau de douche ou même un papier peint, mais pour quelque chose qui ressemble fort à un symbole national, ils sont un peu trop superficiels Warhol s'attaquant à un symbole national! Warhol superficiel, c’eût été un hommage (involontaire) qui aurait plu au peintre! 

 

     En réalité, Danto, attaché à l'unique apport philosophique qui le fascine, ne tient pas assez compte de certaines propositions de Warhol lui-même, en particulier les notions de surface (quelques mots dans sa conclusion ne changent rien) et de machine (qu’en France, Baudrillard (parmi d'autres) pensa de façon autrement plus pertinente) pour orienter son regard sur Warhol et son art….


  D'ailleurs son Warhol n'est un «révolutionnaire» que dans son apport à une définition de l’art et non dans son art qui, si on le suit, ne chercha en rien à bouleverser quoi que ce soit   au point d'apparaître souvent comme un opportuniste, selon le mot de Danto lui-même. (7)


  Dans sa conclusion, Danto examine la question de la place de la religion chez Warhol qu’il situe comme contemporaine de sa métamorphose artistique (avril 61) et pas seulement dans son traitement (tardif) de la CÈNE. Danto dégage et intègre alors mieux le négatif qu'il ne goûte pas toujours dans le reste de son texte. Il y aurait eu chez Warhol une appropriation globale (concept warholien capital) qu’il cerne en dégageant deux niveaux dans son œuvre (que Danto juxtapose sans doute trop ailleurs):«les beautés d’une part, les peurs et les souffrances de l’autre. Marilyn, Liz Taylor, Jackie Kennedy, Elvis, Jésus, lumineux de prestige et de célébrité; et les avions écrasés, les suicides, les accidents, les exécutions capitales.Un univers sombre peuplé de créatures radieuses, dont la présence parmi nous constitue une rédemption, et en la compagnie desquelles Warhol cherchait à glisser sa propre présence maladroite, pour nous transformer tous en stars. Sa mission était d’extérioriser l’intériorité de notre monde partagé.»(8)

 

 


 

      Ce petit livre ne cherche pas à concurrencer de grands travaux plus complets:vivant, souvent amusant, très personnel, on aurait tout de même aimé que son enjeu philosophique ne soit pas contenu que dans une seule question, fût-elle décisive.

 

 

 Rappelons, pour finir, le dernier paragraphe de LA TRANSFIGURATION DU BANAL qui banalise singulièrement la transfiguration annoncée:«À première vue, la boîte Brillo semble faire son entrée dans le monde de l'art avec la même incongruité tonique que les figures de la commedia dell'arte sur l'île d'Ariane dans l'opéra de Strauss.Sa demande semble être à la fois révolutionnaire et risible: elle ne veut pas renverser la société des œuvres d'art mais demande plutôt son admission, prétendant occuper la même place que les objets les plus sublimes. Pris de vertige, en un premier moment, nous pensons que le monde de l'art ne peut être qu'avili par cette prétention: il semble hors de question qu'un objet aussi bas et lumpen puisse être rehaussé en y étant admis. Puis nous réalisons que nous avons confondu l'œuvre d'art -Boîte Brillo- avec sa réplique vulgaire dans le monde commercial. L'œuvre justifie sa prétention à être de l'art en proposant une métaphore effrontée: la-boîte-Brillo-comme-œuvre-d'art.Et, en fin de compte, cette transfiguration d'un objet banal ne transforme en rien le monde de l'art. Elle ne fait que rendre conscientes les structures de l'art, étant entendu que cette métaphore n'était possible qu'après tout un développement historique. Dès lors qu'elle était possible, quelque chose de l'ordre de la boîte Brillo était inévitable, et en même temps sans objet. Inévitable parce que le geste devait être accompli, à l'aide de la boîte Brillo ou à l'aide d'autre chose. Sans objet, parce que, une fois un tel geste rendu possible, il n'y avait plus aucune raison de l'accomplir.

 

  Mais je parle en philosophe, construisant le geste en question comme un acte philosophique. En tant qu'œuvre d'art, Boîte Brillo ne se borne pas à affirmer qu'elle est une boîte Brillo dotée d'attributs métaphoriques étonnants. Elle accomplit ce que les œuvres d'art ont toujours accompli, c'est-à-dire qu'elle extériorise une manière de voir le monde: elle exprime notre époque culturelle de l'intérieur, elle en est un miroir qui se proposer de piéger la conscience de nos rois.»

 

 

 

  Rossini, le 31 janvier 2015

 

 

 

 

NOTES

 

(1)Question essentielle que provoque tout artiste et que Warhol exige par dessus tout. Rares sont ceux qui l'entendent.


(2)On ne se demandera même pas ce que peut avoir de sérieux cette catégorie. En outre, la notion d’icône mériterait une longue analyse, sans oublier l'étrange «âme américaine» de la page 53.

 

(3)Danto y rappelle l’injustice d’un succès qui desservit Harvey le designeur original des boîtes qui était par ailleurs un artiste qu’on classait dans l’expressionnisme abstrait.

 

(4)Un des cas les plus intéressants étant le PORTRAIT DE MME CÉZANNE de Lichtenstein. On se demande pourquoi DANCE DIAGRAM - TANGO (1962) de Warhol n'a pas eu autant d'écho chez Danto.

 

(5)Sur ce moment de philosophie de l'art on peut lire L'ART AU BANC D'ESSAI de Rainer Rochlitz. On appréciera la clarté de la préface de J.M. Schaeffer à LA TRANSFIGURATION DU BANAL.

 

(6)Sur cette notion comme sur toutes les autres on lira plus utilement le grand livre de Cécile Guilbert (WARHOL SPIRIT, Grasset).

 

(7)Dès les débuts de Warhol s’est imposé un débat d’emblée codé, usé entre Américains et Européens (pour aller vite, c'est beaucoup plus compliqué), sur sa radicalité. D’un côté ceux qui voient en lui un artiste en adéquation avec son temps qui transforme pratique et théorie de l’art sans subvertir politiquement quoi que ce soit (sans même y songer): c'est ce que suggère Danto qui ne voit rien de politique dans un art qui neutralise tout (y compris Mao ou la Faucille et le Marteau) tout en promouvant l’égalité à la façon Coca-Cola...(On songera, par exemple, à son entretien télévisé avec Nancy Reagan)). À l’opposé, au-delà d'une lecture marxiste facile, il y a ceux qui voient dans l’œuvre de Warhol un enregistrement fidèle de la machine de mort du Spectacle qui égalise tout. On lira avec profit les catégories (dites «crécelles») de C. Guilbert.

 

(8)Sur la place de la religion chez Warhol on peut aussi consulter le WARHOL de M. Nurisdany (chez Flammarion) et le bel article de Sollers dans LA GUERRE DU GOÛT (folio), autrement plus percutant. Proche de ce dernier, WARHOL SPIRIT, sur ce point comme sur beaucoup d'autres, est capital.

 

 

 

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Published by calmeblog - dans essai - art
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