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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 08:00

« (...) tout est bon, tout est grandiose, magnifique, noble, élevé, d'une pureté de cristal. Car cela protège notre contrainte, c'est-à-dire notre bonheur.»

 

«Pourrait-il en être autrement puisque "tous" et "moi" formons un seul "Nous"?»

 

_______________________

                    

 

                 De retour en Russie devenue URSS, E. Zamiatine,  écrit en 1920  NOUS AUTRES qui sera publié en 1924 en anglais, en tchèque en 1927, puis retraduit en russe dans une revue pragoise....Considéré comme anti-soviétique son roman ne  sera pas édité dans son pays. Les ennuis commencaient pour lui. Un genre naissait.

 

  Effet de lecture


  L’expérience est commune, peut-être moins aujourd’hui. Lire Nous Autres, pour de nombreux lecteurs, c’est souvent finir par le commencement. On a lu Huxley, on a lu Orwell, on a médité sur les grands textes historiques et philosophiques consacrés au totalitarisme et on vient (quand on y vient), en dernier, à Zamiatine. On éprouve, à tort, un sentiment de déjà vu, de déjà lu. Alors qu’incontestablement il est celui qui, par ses lectures (dont H.G. Wells), par ses observations et réflexions de polytechnicien, par son imagination et son style a su marquer à jamais le genre qu’on n’appelait pas encore dystopie. Ce qui n’enlève rien à ceux qu'il a lus ni à ceux qui ont su lire son œuvre, exploiter ses intuitions dans un souci différent. Restaurer une chronologie ce n’est pas instituer une hiérarchie mais percevoir mieux des singularités.

 

   Nous autres

 

    Si l’on excepte son intertitre, la première page du roman commence par le pronom personnel JE. Certes, c’est tout d’abord pour recopier longuement un article du Journal national mais cette attaque est problématique. S’il s’agit de faire comprendre à des inconnus perdus dans l’univers ce qu’est l’État Unique, le Je du narrateur se veut l’expression parfaite du nous total dont personne, jamais, ne saurait se dissocier. Ce qui importe à ses yeux c’est uniquement le NOUS : «Je m’efforcerai d’écrire ce que je vois, ce que je pense, ou, plus exactement, ce que nous autres nous pensons (précisément: nous autres, et NOUS AUTRES sera le titre de ces notes). Ces notes seront un produit de notre vie, de la vie mathématiquement parfaite de l’État Unique.»
  JE, au départ, n'est que la plus petite partie du Nous : on ne devrait pas distinguer la partie du Tout.

 

Son optimisme n’est pas feint. Il veut rejoindre d’autres types de textes qui célèbrent sans risque l’État Unique. Ainsi la poésie «n’est plus un impardonnable roucoulement de rossignol, c’est une force nationale, un service utile.» D'où cette conséquence  :« Les poètes n'habitent plus l'empyrée, ils sont descendus sur la terre et avancent avec nous la main dans la main, aux sons de la sévère marche de l'Usine Musicale. Leur lyre, c'est le fottement matinal des brosses à dents électriques, c'est le crépitement de tonnerre des étincelles dans la Machine du Bienfaiteur, c'est l'écho grandiose de l'Hymne à l'État Unique, c'est le bruit intime des vases de nuit de cristal, c'est le froissement des rideaux que l'on baisse, ce sont les voix joyeuses des tout derniers livres de cuisine et les murmures à peines perceptibles des membranes des rues

  Mais tenir un journal est-ce seulement pratiquer une immense tautologie (le Bien est le Bien)? L'écriture ne contient-elle pas une négativité propre? Un jour, plus loin dans le texte, quelqu'un dira «Nous autres, les Méphis, nous voulons...» Y aurait-il la possibilité d'un autre nous? Avec des Je difficilement interchangeables?

 

 Journal

 

 D-503 est un important ingénieur qui préside à la construction d’un engin spatial qui doit conquérir d’autres planètes et leur apporter, de force, le Bonheur. Pour faire comprendre aux futurs colonisés (ici, il s'adresse aux Uraniens, aux Vénusiens) les bienfaits de la civilisation d’où il arrivera avec l’INTÉGRAL, «formidable appareil électrique en verre et crachant le feu.», il croit donc utile de rédiger un journal composé de quarante notes qui vont peu à peu changer de finalité.
 On comprend d’emblée que cette utopie auto-déclarée et accomplie pour toujours a banni, au profit du chiffre et de la lettre, le nom (1) autrement dit l'originalité et la généalogie. On ne peut que se demander ce que peut être un journal du bonheur réglementé.

 

Le Tout


   Avec une froide rigueur (légitimée par la connaissance mathématique du diariste (pour qui « le bonheur est une fraction», du moins au début de ses notes), le texte nous introduit dans une totalité qui se dit parfaite et où la nature est soit totalement maîtrisée quand elle peut rendre des services (les Tours Accumulatrices) soit réduite au maximum. Avec le Mur Vert, on découvre qu'en réalité elle est surtout rejetée aux marges, comme tenue à distance.

 Nous sommes dans un état unique, dans l'État Unique fondé sur une logique mécanique et mathématique et où tout est en harmonie grâce à une vision coercitive qui se donne pour libératrice. En tout il s’agit de produire de l’Un et du bonheur par et pour le "nous autres", le nous tous. Un raisonnement explique bien la relation de la partie au Tout :«Supposons deux plateaux d'une balance ; sur l'une se trouve un gramme et sur l'autre une tonne, je suis sur l'un, et les autres, c'est-à-dire "Nous", l'État Unique, sont sur l'autre. N'est-il pas évident qu'il revient au même d'admettre que je puis avoir certains "droits" sur l'État Unique que de croire que le gramme peut contrebalancer la tonne? De là une distinction naturelle : la tonne est le droit, le gramme est le devoir. La seule façon de passer de la nullité à la grandeur, c'est d'oublier que l'on est un gramme et de se sentir la millionième partie d'une tonne...» Dans ces conditions le JE s'identifie tellement au Nous qu'il lui arrive de connaître des phases maniaques  : «J'eus alors l'impression que ce n'étaient pas des générations entières, mais moi, bel et bien moi, qui avais vaincu le vieux Dieu et la vieille vie, et que c'était moi qui avais construit tout cela; je me sentais comme une tour, et craignais de remuer le coude, de peur que les murs, les coupoles, les machines ne s'écroulassent en miettes...»

 Le chiffre est au cœur du système, le calcul son ressort permanent :«Il n’est rien de plus heureux que les chiffres qui vivent sous les lois éternelles et ordonnées de la multiplication.» L’enjeu est de taille et se déplacera des mathématiques («Je ne crains pas le mot “limité”. Le travail de la plus haute faculté de l’homme, de la raison, est justement consacré à la limitation continuelle de l’infini et à sa division en portions commodes, faciles à digérer, qu’on appelle différentielles. C’est en quoi réside la beauté divine de ma partie : les mathématiques.»(j'ai souligné) vers la physique.

 

 Dans ce monde strictement urbain d'où l'échange, le commerce, la famille, l'association sont absents, d'où la rareté est exclue par le triomphe de l'artifice et un malthusianisme radical, conditionnement et contrôle sont les deux forces  d'un  état qui a quelque chose de militaire et de taylorien et dont l'idéal est incontestablement le cristal : «Les rues impeccablement droites, le verre des chaussées tout arrosé de rayons, les divins parallélépipèdes des habitations transparentes, l'harmonie carrée des rangs de numéros gris-bleu.»

 

 Conditionnement matériel donc grâce au cuivre, à l'acier (dans la danse des machines on croit entendre l'écho du futurisme italien et russe) et surtout au verre: les formes sont évidemment géométriques, la droite domine (un des bâtiments principaux s'appelle le CUBE) et la technique du verre est tellement avancée (pour les trottoirs, les murs comme pour les grues ou les fusées, on soude des blocs de verre) que tout est visible - si l’on excepte les ébats “amoureux” sévèrement contrôlés mais tolèrant à heures fixes la fermeture des rideaux. La transparence est la valeur suprême. Le panoptique n'est plus réservé aux prisonniers du vieux système. Il est pour tous. Il ne saurait y avoir d’angles morts. Open space dit-on de nos jours. Il suffit de surveiller pour s’éviter à avoir à punir d'autant que le verre encourage l’auto-surveillance. Il est fréquent de se sentir criminel pour un rien. Et, en cas de déviance infime (un penchant pour le brouillard, le mou, l'élastique...), il y a une armée de Gardiens qui veillent, lisent dans les pages de votre cerveau...Le héros a d'ailleurs «calculé la courbe d'une membrane de rue d'un nouveau type. Ces membranes, artistiquement décorées, enregistrent actuellement toutes les conversations de la rue pour le Bureau des gardiens

 

 Inséparable du précédent, le conditionnement temporel :nous sommes plusieurs siècles après le XXème dont il ne reste que quelques souvenirs toujours ridiculisés. Notre époque ne sert que comme pôle négatif dans les antithèses pédagogiques. Comme s'il fallait garder la trace d'un autre....

 

 Dans un fonctionnement qui vénère Taylor le précurseur, les journées sont calibrées et strictement organisées. Tout a été prévu, heure par heure. Le lever («Tous les matins, avec une exactitude de machines, nous nous levons comme un seul numéro.»), le travail («À la même heure et à la même minute, nous, des millions à la fois, nous commençons notre travail et le finissons avec le même ensemble.», la détente, la promenade, le sexe, le sommeil («on sonne le coucher, il est vingt-deux heures et demie.») Il est impensable de circuler la nuit ou d’être en retard : chacun a en lui «un métronome invisible; nous savons l’heure à cinq minutes près, sans montre.» Les plus représentatifs du système souhaitent évidemment l'abolition des Heures Personnelles où l'on peut se promener à quatre....

   Si la journée s'accomplit mécaniquement selon des rites  immuables et dépend de l’Usine musicale, l’année propose de grandes fêtes: celle du jour de la  commémoration de la Guerre de Deux Cents ans, de la victoire grandiose remportée par tous sur un seul, par le total sur l’unité. C’est le moment de l’apparition du surhumain Bienfaiteur et celui de l’élimination électrique des déviants comme le poète R-13 qui en quelques secondes n’est plus qu’une mare d’eau. Nous assistons aussi à la fête de l’unanimité, à l'élection du Bienfaiteur (le numéro des Numéros) qui oriente toutes les actions et les “pensées” qui n'ont qu'à être adaptatives.

 

  Le corps est évidemment l’objet de toutes les attentions : les êtres sont élevés dans le rejet de ceux qui vivaient quelques siècles avant la libération. Ainsi le rédacteur de ce journal hait son corps et surtout ses poils, cette apparence velue qui, à ses yeux, le ramène aux stigmates de l’humanité sauvage. Tout ce qui demeure naturel est dévalorisé. Le stérile est idéalisé. Les interdits sont nombreux: on sanctionne sévèrement l’alcool et la nicotine. Le sommeil et la nourriture («naphtée - on a ainsi réduit la population du globe aux deux dixièmes de ce qu’elle était»)) sont strictement contrôlés. Pour la sexualité règne une sorte de puritanisme et d’hygiènisme réorientés. Une relation unique ne peut durer : l’attachement est prohibé. Leur Lex Sexualis ? «N’importe quel numéro a le droit d’utiliser n’importe quel autre numéro à des fins sexuelles.
Le reste n’est qu’une question de technique. Chacun est soigneusement examiné dans les laboratoires  du Bureau Sexuel. On détermine avec précision le nombre des hormones de votre sang et on établit pour vous un tableau de jours sexuels. Vous faites ensuite une demande, dans laquelle vous déclarez vouloir utiliser tel numéro, ou tels numéros. On vous délivre un petit carnet rose à souches et c’est tout.
» Pour le bonheur de tous, la jalousie, la possessivité, l’amour ont disparu.

Cette société se présente à la fois comme une société éminemment bureaucratique (mais les archives sont invisibles ou ignorées des gens "normaux")) et une société laboratoire qui teste les comportements et cherche, quand c’est nécessaire, à les rectifier voire à les améliorer. La norme étant fixée et toute-puissante (il existe par exemple la Norme maternelle et la norme paternelle), la médicalisation est le recours permanent. N’importe quel numéro peut se sentir coupable : il doit consulter de lui-même ou la machine s’occupera vite de lui, instaurant ainsi l'exemple par la terreur.


Les sentiments sont éradiqués: une sensation, une émotion, la pitié tout peut servir d’alerte. Le plus grand travail de la Recherche est consacré à l’élimination de l’imagination.

 

Le cerveau est juste bon à contenir des convictions apprises depuis toujours et ressassées avec plaisir. La seule pensée admise est tout sauf ma pensée. Penser est jugé comme dément. Penser ne sert qu'à éliminer la pensée autre, la tentation de penser. Il faut à tout prix rejeter le nouveau : rien ne doit arriver sinon le prévu, rien ne doit faire événement si ce n'est le répétitif. Être raisonnable c'est adhérer; douter c'est se mettre en danger. Se corriger c'est s'adapter pour le bien de tous et du Tout.

 

 On devine le malaise pour celui qui, habitué à ne pas souffrir la moindre tache, se découvre soudain une âme....

 

Écrire


 Vivant dans un monde parfait qu’il décrit pour de lointains inconnus, D-503 tient donc un journal qui se veut didactique et enthousiaste («Je n'écris pas pour moi, mais pour vous lecteurs inconnus, pour vous que j'aime et que je plains, pour vous qui êtes en retard de plusieurs siècles sur nous.»). Dans pareil cas, l’écriture ne peut être qu’un immense hymne à la gloire de l’Ordre parfait : on sait déjà que nombre de Poètes de l’État assument cette fonction.


 Mais, devant quelques menues révélations, on commence à mesurer avec lui des écarts qui troublent sa vie et dérange son bienheureux conformisme. La célébration se mue lentement en un récit troublé. Raconter c’est alors laisser passer peu à peu des déréglements aussi audacieux qu'angoissants et c'est ainsi, à force d'infractions, élargir des fissures.
 Petit à petit, nous entrons dans ses interrogations, ses doutes, ses “fautes”, sa culpabilité, son désir de punition et sa désobéissance toujours plus grande. Il fréquente I-330 et visite en sa compagnie
une maison de jadis située en lisière du Mur Vert. De note en note, il se vit comme malade, devient possessif, s’attache aux objets du passé (comme des chaises en bois), souhaite le pire sans toujours savoir quel il est.

 

  C’est incontestablement la partie la plus nourrie et la plus complexe du roman, celle qui sollicite le plus l’attention du lecteur parce que la vraie transparence n'est pas donnée directement par un narrateur omniscient mais confiée de façon laborieuse, chaotique par un rédacteur dont la conviction première se dit ainsi : «Il est contre nature, pour l'intellectuel, de vivre parmi les irrégularités, des inconnues, des X. C'est comme si l'on vous forçait à marcher les yeux bandés, à tâtons, alors que vous savez être au bord d'un précipice et qu'un seul faux pas suffirait à vous transformer en un morceau de viande déchiquetée.»  et qui croit que morale et arithmétique sont indissociables. C'est en suivant les progrès désordonnés d’une conscience à peine naissante et qui affronte le rêve, les contradictions, les attentes, l’angoisse, le dédoublement, la passion, les ambivalences, les mots interdits, les références au passé honni que Zamiatine innove le plus en refusant l'évolution linéaire et en recourant à des images récurrentes qui surprennent (le miroir, l’eau, le cristal, le point) et rendent toujours incertaine et fragile la perception de l'effondrement des barrières.

 

 

 J'ai confiance

 

   À la fin, celle qui fut son initiatrice à la "déviance" est menée dans la Chambre Pneumatique puis sous la Cloche. Elle ne parlera pas. Il faut exécuter les traîtres. Ce que D-503 approuve après avoir subi la Grande Opération. Le JE initial des premières pages entre dans un immense chiasme. Parti du nous indissociable vers un je tourmenté, ce je  adhère à nouveau au Nous. La dernière phrase de ce journal revient à la "raison": «J'espère que nous vaincrons ; bien plus, je suis sûr que nous vaincrons, car la raison doit vaincre.»

   La chute de ce journal peut sembler pessimiste. D-503 a été corrigé, il a retrouvé la ligne droite. Pourtant la science que Zamiatine pratiquait et admirait laisse un espoir - moins la mathématique que la thermodynamique (2). Un dialogue entre I-330 et R-33 est décisif:

«-Mais tu ne savais pas, et bien peu le savaient, qu'un petit groupe de ces hommes restèrent derrière les Murs. Ils partirent nus pour la forêt et s'y instruisirent au contact des arbres, des animaux, du soleil. Ils se couvrirent de poils sous lesquels coulait un sang chaud et rouge. Votre sort fut pire : vous vous êtes couverts de chiffres, qui rampent sur vous comme des poux. Il faut vous en débarrasser et vous chasser nus vers la forêt. Vous devez apprendre à tembler de peur, de joie, de colère furieuse, de froid, vous devez adorer le feu. Nous autres, les Méphis, nous voulons...

-Attends , que veut dire "Méphis"?

-Méphi, c'est Méphisto. Tu te rappelles le jeune homme dessiné sur la pierre?...Ou plutôt non, je m'exprimerai plutôt dans ta langue. Voilà, il y a deux forces au monde : l'entropie et l'énergie. L'une est pour l'heureuse tranquillité, pour l'équilibre, l'autre cherche à détruire l'équilibre, elle tend au douloureux mouvement perpétuel.»

 

  Zamiatine savait qu'il n'y a pas de clôture de l'univers ni surtout de fin de l'Histoire. Produit pur de ce monde critallisé qui bloquait tout mouvement et toute évolution, un homme vers la fin affirmait détenir la preuve de l'inexistence de l'infini et l'impossibilité d'une révolution qui renverserait le Tout intégré. I-330 avait d'avance liquidé cette sottise : «Tu ne sais pas, mathématicien, qu'il n'y a de vie que dans les différences: différence de température, différence de potentiel. Et si la même chaleur ou le même froid règne partout dans l'univers, il faut les secouer pour que naisse le feu, l'exploion, la géhenne. Nous les secouerons.

-Mais, I, comprends-moi bien. C'est justement ce qu'ont fait nos aïeux pendant la Guerre de Deux Cents ans...

-Et ils ont eu bien raison, mille fois raison. Seulement, ils ont commis une faute: c'est de croire qu'ils étaient le dernier chiffre, or ce chiffre n'existe pas dans la nature

 

 

 Rossini, le 17 avril 2016

 

 

NOTES

 

(1)Les chiffres choisis venaient de pièces de sous-marins que Zamiatine construisit en Angleterre quelques années auparavant. Le chiffre et l'infini ne compteront pas pour rien dans l'espoir que donne, malgré tout, le roman.

(2) Dans sa préface, Jorge Semprun rappelle que Zamiatine écrivit en 1922 un essai sur Julius Robert von Mayer, un spécialiste de la thermodynamique moderne et il en cite un passage capital : «Le monde se développe uniquement en fonction des hérésies, en fonction de ceux qui rejettent le présent, apparemment inébranlable et infaillible. Seuls les hérétiques découvrent des horizons nouveaux dans la science, dans l'art, dans la vie sociale; seuls les hérétiques, rejetant le présent au nom de l'avenir, sont l'éternel ferment de la vie et assure l'infini mouvement en avant de la vie.»

 

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Published by calmeblog - dans dystopie
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